Histoire de l'île de Groix ...

et de la famille (Le) Gou(z)ronc...

  

 

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Description géographique et toponymique de l' île

en bleu apparaissent les apports toponymiques 

L'île est divisée en deux parties depuis toujours. La partie orientale, Primiture (on dit aussi Pimitur), a toujours été opposée à Piwisy, la partie ouest. Toutes les tentatives d'explication de cette partition ainsi que l'étymologie des deux mots demeurent hypothétiques. Faut-il y voir une très ancienne division de l'île en deux paroisses originelles fondées lors de l'établissement de la chrétienté, par les moines ermites venus d'Outre-Manche ? Y aurait-il pu y avoir un Plouwisy et un Ploumiture primitifs dont les prononciations se seraient déformées avec le temps ? L'ensemble des toponymes groisillons, exclusivement en "loc" et en "ker", typiques de la période post-normande - pas un seul "plou" ni "tre"- prouverait que la plupart des villages groisillons ont été créés ou réoccupés avec de nouveaux noms à la fin des raids nordiques. Cette partition pourrait-elle être un héritage du démembrement du grand fief de Kemenet-Héboé dont dépendait Groix entre les seigneuries de la Rochemoisan et du Léon ? L'assertion de l'existence de deux paroisses distinctes, créées soit avant le X° siècle, soit lors de cette division qui a disparu lorsque la seigneurie d'Hennebont a été reconstituée au profit des Rohan en 1384, a peut-être été contestée trop vite. Quelle qu'en ait été son origine, la partition, qui a fortement marqué les mentalités d'antan et se vérifie toujours, est une réalité indéniable. Les distinctions sociologiques, en voie d'extinction, sont pour les natifs de l'île des évidences. Ainsi, survivance du temps où était utilisée la langue bretonne dans la vie quotidienne, l'accent de Piwisy est plus rocailleux que celui de Primiture. La nuance est péjorative pour les gens de Primiture qui, entendant quelqu'un de Piwisy parler, remarqueront : "Çui-là, il a un drôle d'accent gravelleg..." La langue bretonne, avec ses nombreux idiotismes insulaires, a survécu plus tard dans les villages de Piwisy qui seront toujours les derniers à être équipés des avantages du progrès. Les routes d'accès seront goudronnées plus tard et ils attendront plus longtemps à être desservis par l'électricité. J'ai connu à l'école des Frères quelques garçons de "l'autre bout" ne baragouinant qu'un français pollué de mots bretons. Ils passaient, aux yeux des enfants du Bourg pour des arriérés. Il était même possible d'identifier tout de suite, par la seule façon de se tenir les mains ou la taille, deux fiancés de Quelhuit ou de Kerlard.

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DTM signale "Moulin à vent" PIVIZY . C'est certainement ce moulin que la CC qualifie de "Moulin de Pluise". Ce nom qui désigne la partie occidentale de l'île et l'importance du moulin suggère que cette partition pourrait avoir joué un rôle à l'époque féodale (moulin banal). Il est intéressant de constater qu'Ogée écrit "Cette île renferme deux paroisses dont les cures sont à l'ordinaire; un prieuré, plusieurs chapelles et environ trente villages bien peuplés d'habitants" On y comptait 2 000 communiants (c'est-à-dire paroissiens). Cette affirmation de l'existence de deux paroisses fut contestée au XIXè siècle à juste titre par l'un des éditeurs: "Il n'y a jamais eu à Groix deux paroisses ainsi que le dit notre auteur: mais une paroisse et un prieuré: ce dernier qui était sous l'invocation de Saint Gunthiern, a été vendu nationalement pendant la Révolution." On peut penser que l'affirmation d'Ogée a pour support la division de l'île en Pivizy et Pimitur qui n'avait pas été oubliée. Il y eut une époque où l'île était desservie du point de vue religieux par les moines et par des séculiers, d'où l'affirmation l'Ogée.

Le document perdu, dont Placide Le Duc donne une analyse et qui date du début du XIIè siècle, 1114-1131 (HSC) témoigne de l'emprise de Quimperlé sur toute l'île: "Et pour ce que nous devons recevoir sur l'isle de Grouais, le dit Guillaume seigneur d'Hennebont, en rendit témoignage de sa propre bouche: id est episcopium (je donne à deviner s'il veut dire que l'évêque y a ses droits épiscopaux, ou bien si, suivant le privilège de la fondation qui donne droit épiscopal au monastère sur les terres acquises ou à acquérir, le monastère y avait le droit de l'évesque). et presbyterium (ce sont des droits rectoriaux): enfin l'on y avait toutes les dismes de l'île et cinq villages Locgunthiern, Locmariaker, Haclrec, Locmelaer, Kerbranken exempts de toutes redevances".

Ce document est capital pour comprendre la situation religieuse de Groix au début du XIIè siècle, c'est à dire à une époque où avec Robert, élu évêque de Quimper précisément en 1114, la réforme grégorienne trouvait un commencement d'application en Bretagne occidentale (cf Bernier Robert qui fut ermite près de Locuan. BSAF 1987 ). Il soutint énergiquement le monastère de Sainte Croix lors du procès contre Saint-Sauveur de Redon à propos de la possession de Belle-Isle, dont Le Duc fixe le début en 1116 (HSC ) Mais il n'est pas douteux qu'il devait faire respecter ses prérogatives épiscopales en particulier l'obéissance due par les bénédictins de Ste-CROIX de Quimperlé. Ce qui signifie que dans le texte perdu on doit lever le doute exprimé par Dom. Le Duc "episcopium" désigne bien les droits de l'évêque et "presbiterium", son droit de nomination aux cures vacantes (cf Bernier ibid. p 215) un doute subsiste quant à l'évêque qui avait le droit d'episcopium à Groix, car l'île faisant partie du doyenné des Bois (francisation de Kemenet-Heboe, dont le siège était à St Caradec d'Hennebont, c'est-à-dire dans la mouvance de l'évoque de Vannes). Ceci n'exclut pas que Ste-Croix, à cette époque dirigée par l'abbé Gurhand (ou Gurguant) eût un prieur à Groix, comme en témoigne le lieu dit le Prieuré qui a été localisé sur la carte de Cassini au nord est de Locmaria. Il est très probable que l'évêque de Vannes ou s'il le tolérait, celui dont relevait Ste Croix, c'est à dire l'évoque de Quimper, choisissait des moines de l'abbaye qui possédait des biens dans l'île pour desservir l'église de St Tudy qui d'ailleurs et c'est caractéristique s'appelait encore Loctudy en 1592 (Archives de la commune d'Hennebont). En effet les chartes qui sont pour la plupart du XIè siècle étaient des prieurés, Locmaria était à coup sûr une dépendance du prieuré cure voisin de Loc-Gurthiern, le St-Goujarn de Cassini. Ce nom de Locmaria a été donné par les abbés au moment du développement du culte, au XIIè siècle, comme le Locmaria de Belle-Isle et celui de Quiberon. Rhuis, qui desservait le sud de la presqu'île de Quiberon, a probablement entériné un fait qui a probablement été créé par Ste-Croix qui, pour le passage vers sa possession de Belle-Isle, utilisait la crique mal protégée contre les coups de vent de la partie ouest, qu'elle nomma Port-Maria. En effet, à Belle-Isle la paroisse de Locmaria, issue d'un ,,, de Ste-Croix avait aussi son Port-Maria;

Quand on regarde sur la carte de Cassini la position des cinq villages et du prieuré de St-Goujarne à quoi il faut ajouter, Vraie-Croix, Lomener (de Loc Melear-Méloir), Loqueltas-St-Gildas (chapelle), on constate que toutes ces dépendances se trouvaient dans le limites de Pimitur. Pivizy n'avait plus qu'une chapelle au XVIIIè siècle, celle de St Sauveur qui évoque plutôt le nom du monastère redonais. On n'a pas de connaissance par le cartulaire de Redon, que St Sauveur ait eu des intérêts à Groix, mais il est possible d'envisager qu'avant la fondation de Ste Croix par Alain Fergent en 1029, l'île ait été pourvue de desservants par la puissante abbaye vannetaise. Il n'y a que deux toponymes qui pourraient être antérieurs à l'action de Ste-Croix dans l'île: Moustero et le village voisin de Carmoustéro. ns n'ont plus maintenant qu'un intérêt toponymique, Moustero est-il un nom du pluriel signifiant les Moutiers, ou un nom hypocoristique avec la terminaison ou restée très vivante dans les noms propres, en Breton? Dans ce cas ce serait un singulier. En tout cas, un indice d'ancienneté est le Car de Carmoustéro. C'est une forme qu'on retrouve, au lieu de Ker dans les régions où les ker du XIIè siècle et des siècles suivants ont été précédés par des villages carolingiens. Dans le document perdu de 1114-1131, l'orthographe montre l'évolution du mot qui était anciennement orthographié "Cacr" et qui est rare dans les documents anciens (cf Fleuriot DGVB 93) "Comes Guerech dedit ci Veneacam plebem super Blavetum flumen que postea vocata est Chervenac" (CSCQ 46). Ce document rédigé au XIè siècle signifie que l'on aurait dû avoir affaire à une Plou-veneac, mais que par la suite on eût affaire à Kervenac, forme curieuse car elle aurait dû évoluer en Kervinac. Dans la charte intitulée "de loco scti Thadoi de 1163-1186, on trouve encore Car Guennou et Car Nend près de Quimperlé alors qu'au début du XIIè siècle on avait, à Groix, Kerhaclrech (disparu) et Kerbrankon devenu il est vrai Cavranguin qui semble une prononciation française mais était très probablement pour Carvranguen. Ces remarques ne sont pas inutiles car on remarquera que dans le voisinage de ces deux noms à forme ancienne se trouve le moulin de Pluise. La proximité de ce moulin de Pluise probablement d'origine féodale (XIè ou XIIè siècle) est de nature à poser le problème de l'organisation féodale de Groix.

La dépendance de Groix par rapport à Quimperlé à l'époque de Dom Le Duc (XVIIIè siècle) s'était certainement affaiblie, l'épiscopium de l'évoque de Vannes y était sans doute établi depuis longtemps.

Rozenzweig signale l'unicité des chapelles de la Trinité et de Saint-Sauveur, alors qu'elles étaient certainement distinctes (cf ci-dessous St Sauyeur. l'INSE qui place la chapelle de la Trinité à 500 m au sud du bourg n'est pas d'accord avec Duhem qui note qu'elle a été reconstruite "au bourg même" ce qui semble impliquer qu'elle était ailleurs sans qu'il soit possible de savoir où. Et si c'était la chapelle de St-Sauveur, située en Pivizy qui avait été reconstruite au bourg même en changeant d'éponyme par la même occasion, cela ne signifierait-il pas qu'on a eu le souci de marquer l'union des parties de l'île dans une seule et même paroisse, celle dont le patron est Saint Tudy. Sur ce saint qui n'a pas de Vita et a été assimilé à tort, selon moi, avec Saint Tugdual, on ne sait rien. Le bourg s'est appelé Loctudy en 1592 (Arch. de la cne d'Hennebont), ce qui est le signe que la desserte qui pouvait être effectivement au XIIè siècle aux mains des moines (car les loc étaient le plus souvent des prieurés). Mais le passage au nom actuel, St Tudy prouve que la desserte était passée au mains des séculiers. I1 serait intéressarlt de savoir à quelle date Sainte-Croix a cessé de percevoir des dîmes sur toute l'île ce qui semblait indiquer que l'abbaye assurait le service du culte aussi bien en Pivizy qu'en Pimitur où était le prieuré de St Goujarn et la plupart de ses biens propres. Ici, à la différence de Belle-Isle qui était sa propriété et où elle ne relevait que du siège apostolique de Rome, elle dépendait de l'évoque de Vannes et ne pouvait revendiquer qu'un privilège moral: le passage de Saint Gunthiern à Groix venant de Bretagne insulaire avant d'aller fonder à Anaurot devenu Quimperlé, un petit ermitage sur le site où s'installa au XIè siècle Sainte-Croix. Au cadastre de Quimperlé ce site porte encore le nom de Terre de Vannes, car il se trouve sur la rive orientale de la Laïta. Il est possible que Ste-Croix ait pu jouer de cette dualité d'obédience car elle dépendait de Quimper en tant qu'abbaye fondée par un cornouaillais, mais Groix était indubitablement dans l'évêché de Vannes et aucun document n'indique une tentative pour échapper à cette mouvance.

La rivalité avec le pouvoir épiscopal vannetais n'était pas la seule à causer du souci à Ste-Croix, cornme en témoigne la charte LXVIII de 1114-1131 du même cartulaire intitulé: "Cartula Sancti Michaclis de insula". Elle fait état des rapports entre Guillaume, fils de Tanki seigneur d'Hennebont, l'abbaye affirmant que le dit Tanki ne pouvait exiger aucune livrée ni devoir quelconque des terres du prieuré de St Michel des Montagnes donné à Ste Croix par Huélin, beau-frère d'Alain Cagnard seigneur d'Hennebont en 1037 (charte X). La charte continue en disant que toutefois lorsque le seigneur d'Hennebont passait à l'île de Croix, il avait coutume de prendre son repas chez le prieur et que celui-ci devait fournir au seigneur convoqué à l'armée du duc, un cheval chargé de pain que le seigneur pouvait faire conduire par son écuyer jusqu'au village de Kergrois en Ploemeur et là en prendre livraison "Ceci semble attester les droits du seigneur d'Hennebont sur certains fiefs à Groix. On ne les connaît pas (Peut-être le moulin du Prince était-il une survivance de cette suzeraineté).

Si la graphie de Cassini est sûre (mais le "l" n'a-t-il pas été écrit pour un "i") et si elle était fondée sur une forme traditionnelle, on pourrait avancer dans la compréhension de ces termes: Pivizy et Pimitur qui n'ont jamais été expliqués. Plui- pourrait être une forme archaïque de "ploue" qui dérive du latin plebs. L'hypothèse ouvrirait des perspectives intéressantes, car aucune île bretonne n'a révélé un nom dérivé de ce mot si productif pour désigner des paroisses primitives baptismales. Je ne pense pas qu'il s'agisse ici d'un terme attestant une aussi haute christianisation mais cela témoigne au moins du fait que le mot "plebs" était employé pour désigner une paroisse. On peut en avoir confirmation dans le fait que Pléchatel (35) a été crcce à l'époque carolingienne par les moines de Redon. Par ailleurs la réduction de plé = paroisse à "pé" n'est pas sans exemple: C'est ainsi que Péaule était Pléaule en 1387 et encore en 1454 Ploeaule alias Plaule et on en connait la forme carolingienne Plebs Gablah = la paroisse de l'embouchure. (De même un hameau de Meslan, Pistiagon était Ploesdiagon en 1432 (DTM à Pistragon/ Mars). Il s'agit d'autre chose car on ne peut penser au sens de paroisse baptismale primitive. Le sens en est, en effet : "le bien fonds du diacre" Car paroisse si c'est bien de ce mot qu'il s'agit (en effet le -s- fait difficulté, on n'a jamais trouvé Ploues pour Plebs et pourtant pus vient de puteus, comme puits, en français). Pistiagon ne peut signifier que "le fief du diacre"; Ce problème des plé qui n'étaient pas des paroisses a été étudié par le chanoine Falc'hn qui a conclu que c'était un trait vannetais. Ce pourrait être le cas de Pluise: en effet dans certains cas plebs dorme plu - (Plumergat). Or on constate que parfois la métathèse de pul a donné aussi plu: Plunian, hameau de Grand-champ était Pulunian en 1447 (abb. de Lanvaux DTM) Pul= poul c'est à dire la mare. Un doute subsiste donc quant au sens de nombreux "plu" vannetais.

S'agissant de Pimitur et Pivizy, on peut ajouter d'autres observations: si, Pi- qui signifie paroisse est bien le premier élément des composés, les seconds éléments sont ou des noms ou des adjectifs qualificatifs. Celui de la partie orientale, -mitur pourrait bien se décomposer en mit qui proviendrait de met exprimant l'idée de tailler, couper, moissonner (cf Fleuriot : DGVB). L'auteur renvoie à admet, cemidiet, digomit. S'agissant de ce dernier, l'auteur fait, remarquer que, malgré la forme du breton moderne medi = moissonner avec un "e", le passage de met à mit est un phénomène courant (DGVB 136). Ce mot met viendrait de la racine du latin "meto" (sens 2 de Gaffiot: couper, faucher en parlant des batailles). Quant à la terminaison -ur elle dérive d7une terminaison latine (ou celtique apparentée au latin -or) cf "magadur, krouadur". Elle a servi à former des mots à valeurs très variables, en fonction de la racine du mot : ex: maga, nourrir, magadur, nourriture: kroui, crcer, krouadur, enfant: plij, plait, plijadur, plaisir.

Je dois dire que des difficultés sérieuses s'opposent à l'hypothèse que je viens de présenter car dans Péaule Plebs-Gablah = la paroisse de l'estuaire (de la Vilaine), le second terme Gablah=estuaire est le déterminant qui serait au génitif en latin tandis que dans Pimitur, la même fonction de déterrninant donnerait le sens suivant: la paroisse de la coupure ce qui ne fait guère un sens compréhensible. On aurait préféré en effet, "la coupure de la paroisse". Mais dans ce cas on aurait eu "Pivitur", car il est de règle que l'adoucissement de la consonne du déterminé ait lieu lorsque le déterrninant est en tête; ex: Morvan = l'homme de la mer: mor-vlei = loup de mer, mais "blei-mor", lorsque le déterminant vient en seconde position. La difficulté n'est pas écartée si "ple" est le déterminé et vient en tête, car le mot "plebs-plé" étant féminin aurait dû provoquer un adoucissement de la consonne initiale du second élément comme cela se produit toujours ex: Ploemel/Pliùir: Plomeur/Panùour. On attendait donc Pivitur. On peut répondre à cette objection que Pimitur est la forme écrite et qu'il faudrait connâître la prononciation en breton, si elle est encore connue, ce dont on peut douter.

Enfin la dernière anomalie et la plus considérable c'est l'absence d'adoucissement du "t" intervocalique. On attendait Pividur. En effet le radical metest devenu med- en breton moderne: médoin= moissonner.

En définitive je dois avouer que l'étymologie proposée pour Pimitur est très coujecturale. I1 en va de même d'ailleurs de toutes les hypothèses que l'on peut avancer à partir des graphies ou prononciations modernes.

Quant à Pivizy, quelle valeur peut-on donner au second élément -vizy? La terminaison -i en vannetais peut représenter un pluriel qui correspond à -ez du Finistére: exemple: les maisons, teyi dans le Léon ou bien une terminaison donnant un sens abstrait: - ez en Léon, i- en vannetais ex: buhez-bul = la vie. Mais nous ne sommes pas plus avancés en rétablissant Pivizez. Le "v" en effet peut venir d'un adoucissement de b.m ou gw.

Si on était sûr de l'authenticité de Pluise (CC) on pourrait avancer le sens suivant: "plu" paroisse: ise = is "de l'ouest, ce qui correspond bien à la position" mde la partie ainsi nommée.

On peut s'étonner de voir employer plebs au lieu de parrochia pour désigner une paroisse, mais on peut remarquer que dans le cartulaire de Sainte-Croix c'est "plebs" qui est prédominant au sens de paroisse. (occurrences). Parrochia n'est employé que 4 fois dans trois chartes: de la fin du XIIè siècle et une du début du XIIIè et aussi dans un document pontifical de 1117 concernant la dispute avec Redon au sujet de la possession de Belle-Isle.

Faute de formes vraiment anciennes, il est donc impossible de donner avec toute sûreté le sens des mots Pivizy-Pimitur dans lesquels, comme je l'ai dit il faut sans doute voir des survivances féodales. Tout ceci mériterait d'être conforté par des formes anciennes.

 

À Primiture demeurait la majorité des gens riches alors que Piwisy fournissait plus de matelots que de patrons. Les "prumeturiz"comme on disait en breton, regardaient avec des airs de contempteur les "puhuiziiz". Mais ces derniers étaient aussi réputés meilleurs marins, plus courageux, plus intrépides, plus astucieux et les femmes plus ardentes à la tâche. Autant de traits de caractère qui se développent dans un environnement plus rude. L'espèce d'hostilité, qui n'était pas du mépris, dans laquelle se tenaient les deux populations a contribué à fixer les familles dans les mêmes aires : ainsi résidaient beaucoup plus de familles Tonnerre en Primiture qu'en Piwisy alors que pour les Baron, c'était le contraire. Dans l'étude généalogique des Gourong, pas un seul mariage sur trois siècles entre deux ancêtres venus de chacune d'une partie de L'île. Tous sont nés, se sont mariés et sont passés de vie à trépas, hormis ceux qui ont disparu en mer, en Primiture. Même les branches les plus récemment débarquées dans l'île, venus s'établir comme meuniers, installés en Primiture, ne se sont unies qu'a des souches insulaires de la même partie. On était tellement sensible à cette appartenance que lorsqu'une fille de Primiture se mariait à un gars de Piwisy, ou vice-versa, on disait : "Tu sais, la fille d'un tel qu'est mariée à un gars de l'autre bout... " Bien sûr la coexistence et même la solidarité étaient brandies face à l'étranger devant qui on affirmait ses sentiments d'appartenance à une même communauté. Originale et originelle. Elles s'imposaient dans les équipages où cohabitaient, en une promiscuité inévitable, des matelots des deux bouts de l'île, ce qui n'était pas rare au XIX°.

Les risques habituels de la mer sont accrus lors de la pêche au thon du fait des dures conditions hivernales dans le golfe de Gascogne; des pertes catastrophiques ont marqué le souvenir populaire à Groix et servent de repères chronologiques.

Autant que la division de l'île en deux, l'appartenance au village était le fondement de la vie insulaire alors que les clans créés par les grandes familles structuraient l'édifice. Le clientélisme, autour des tribus, le mot n'est pas trop fort, constituait le ciment qui maintenait, d'une élection à l'autre, une cohésion et un équilibre, certes parfois précaires mais indispensables au bon fonctionnement d'une société fortement hiérarchisée. Mariange Éveno, née au Mené, venue au Bourg à 10 ans, a toujours revendiqué son appartenance à son village natal et à son clan Éveno-Tenier, lié par alliance matrimoniale à celui des Tonnerre-Mena-Glaod, évoluant dans la mouvance de la dynastie Noël-Romieux. Mariange et tous les siens demeureront fidèles, jusqu'à leur mort, aux descendants de ce lignage. Hors de question de consulter un autre médecin qu'Adolphe Romieux ou après lui son fils Henri, et plus tard, le petit-fils André. On ne va pas à la pharmacie de Joseph Bihan mais à celle de Paul Romieux. Dès qu'il y a un Noël ou un Romieux sur une des listes municipales, on vote liste entière. On ne dit pas de mal de ces gens-là, même si leurs enfants vous font des crasses à l'école. "Mais meumée, il m'a fait un croche-patte. -Tais-toi, et il faut apprendre à souffrir en silence... " Maurice Gourong, natif de Kerohet qu'il abandonne, à plus de trente ans passés, pour vivre au Bourg, restera toujours un homme de Kerohet, du clan des Pented, associé à celui des Milloch, dans la mouvance des deux grandes familles Jégo-Kersaho.

On vivait à Primiture ou Piwisy, mais on était d'abord de Kerampoulo, du Bourg, de Locmaria, de Quéhello ou de Kervédan et on se mariait, le plus souvent possible, entre gens du même village; et comme, ce furent longtemps les "darbodeurs" ou "entremetteurs de mariages" qui les arrangeaient d'avance, personne n'avait la moindre peine du monde à trouver l'âme sœur à sa porte. On n'hésitait pas à convoler en justes noces entre cousins, parfois même germains. Peupé Benoît et meumée Mariange, issus de germains, durent obtenir une dispense épiscopale. Ces unions consanguines n'étaient pas sans poser de problèmes, particulièrement à l'occasion des naufrages de bateaux sur lesquels tout l'équipage était parent.

 

Il n'a jamais été possible d'établir clairement la ligne de démarcation. Et il existait des villages où l'on ne se sentait pas du tout concerné par le débat. Ainsi en était-il de Port-Tudy, du Bourg, (nommé dans les document de 1388, les actes notariés du XV° siècle, les premières transcriptions de l'état civil de l'île et sur les cartes du XVIle siècle, nomme Loctudy, c'est-à-dire le lieu du sanctuaire dédié à St Tudy. Les habitants, qui ont toujours dit le Bourg, ont fini par imposer l'appellation), entité territoriale à part entière et de Locmaria, qui bien qu'en Primiture, se considérait différent de tous les autres villages de l'île, disputant même au Bourg son rôle de capitale. Lorsqu'il ouvre les premiers registres de l'état civil au début du XVII° siècle, Julien Le Milloc'h, réside à Locmaria, déclaré bourg en Primiture alors que Loctudy est bourg en Piwisy. Faut-il y voir une des causes des regards en chien de faïence que se lançaient - il y en a qui continuent à le faire, y a pas de raison que les traditions se perdent - les habitants des deux villages les plus agglomérés de l'île, ceux de Locmaria regardant avec un air de "m'as-tu vu", ceux du Bourg qui leur manifestaient, en retour, un royal mépris. Les habitants du Bourg qui se prenaient, il faut bien l'avouer, pour de petits citadins, toisaient les habitants de tous les autres villages avec les yeux prétendument délurés de ceux qui en ont (on a d'ailleurs jamais su très bien, quoi !) quand ils observent les ruraux. Au Bourg, notables, commerçants, artisans, armateurs, patrons avaient une si haute idée du privilège de leur situation qu'ils manifestaient une suffisance ostentatoire à l'égard de tous leurs autres compatriotes qui pourtant, à l'exception de quelques trublions qualifiés de "rouges", étaient tous catholiques, et plus particulièrement à l'endroit de ces sagouins de Locmaria, qui se prenaient on ne savait pas trop pour qui...

 

Primiture, l'est de l'île, qui assurait sa suprématie sur Piwisy par la présence bien plus importante de ses notables dans toutes les instances du pays. Des terres agricoles plus fécondes, des sites d'échouage plus nombreux ont contribué à assurer un peuplement supérieur à celui de la partie ouest. L'histoire a laissé des marques plus insignes sur le sol de cette partie occidentale.

 

Mené, est le berceau des ÉVENO et des TONNERRE.

la hauteur ("mené" = montagne) Effectivement le village est situé sur le sommet d'une petite colline.

En 1906, il est composé de 44 maisons abritant 44 ménages soit 201 personnes. Le 4 mars, jour du recensement, 29 personnes sont absentes. (a). Là, naquirent Mariange ÉVENO, son père Ange ÉVENO et son grand père Joseph ÉVENO. Ce village, bâti sur une légère hauteur, d'où son nom "le Mené", domine la mer, enchâssé dans un écrin de verdure. Un petit rien d'anarchie lui a conservé quelque chose du charme suranné des hameaux bretons, avec sa petite chapelle, ses maisons basses, serrées les unes contre les autres, ses ruelles et venelles souvent fraîches, ses jardinets coquets. La chapelle est un des rares lieux de culte catholique orienté nord-sud. Il semble que dans sa configuration primitive, elle ait été orientée comme le sont tous les édifices chrétiens du monde, est-ouest, avec une ouverture au midi. Le recteur LAGUEUX, en l'agrandissant en 1834, lui aurait donné sa forme de croix latine, bâtissant une nouvelle nef sur l'ancien édifice, devenu alors transept. La chapelle accueille la statue de Saint-Gunthiern, sauvée de la destruction du prieuré de Kerohet.

Les habitants du Méné fréquentaient autrefois que la plage avoisinante de Porzquedoul, une appellation qui donne à penser que l'endroit fût autrefois très poissonneux ou la minuscule crique, appelée le Chochay, (parfois "Er Chauchage"), survivance du temps où les petits canots venaient s'y échouer. À l'occasion des grandes marées, les fonds sableux de la plage étaient un excellent repaire pour les palourdes.

 

Port-Mélite, qui de port n'a que le nom, est une anse abritée des vents du large. En 1906, il est composé de 6 maisons abritant 5 ménages soit 25 personnes. Le jour du recensement, 1 personne est absente.(a) Ces quelques grandes maisons, dont celle qui abrita le fameux bistrot des Pujol, existent depuis fort longtemps. Sa situation privilégiée a conduit les groisillons à la fréquenter. La présence du dolmen du Minior (dit Mené Guioré en 1837 puis Mené Gori, la butte des Chèvres), ainsi que la découverte du corps de notre grand-mère protohistorique, attestent que le site a sans doute bénéficié d'une occupation humaine très ancienne. Port-Mélite servait d'abri et de port de relâche aux sardiniers qui venaient livrer leur pêche aux deux presses à sardines. Le site aurait pu, peut-être, devenir le grand port de l'île, si le propriétaire qui avait remplacé les vieilles presses par une usine de conserves, Charles Noël, maire de l'île, avait réussi à convaincre les autorités départementales de voter la subvention réclamée pour la création d'une jetée. Il ne fut pas suivi et c'est Port-Tudy qui bénéficia de l'argent public et devint le port principal de l'île.

Quand en 1872, François Marie LE FEE, quittant Gâvres avec sa femme et leurs 6 enfants, débarque à Groix pour venir travailler dans l'usine de la famille Noël, il occupe l'une des maisons de Port-Mélite, (Marguerite, à l'âge de 12 ans, mourra dans cette maison). Plus tard, la famille Le Fée emménagera dans une petite maison, à l'entrée du Méné, bâtie par François Marie Le Fée de ses mains. Ouvrier agricole dans les fermes de Plouhinec, il avait abandonné le travail de la terre pour devenir tâcheron dans la presqu'île de Gâvres dans les années 1865-1868, lors des travaux d'extension du Polygone de tir de Gâvres. Il avait été à bonne école puisque l'un de ses oncles, menuisier au bourg de Plouhinec, l'avait initié aux travaux du bâtiment.

(a) on peut supposer qu'il s'agit soit de marins, soit de personnes effectuant leur service militaire.

 Ses enfants grandiront dans cette maison du Mené et se marieront avec des "pure souche" de l'île: une fille Berlic pour l'aîné François Marie, un fils Éveno pour Marie-Rose, mes arrières grands-parents, une Stéphant de Ker Port-Tudy pour le dernier enfant, Jean-Marie. Quant à la fille aînée, Hélène, elle épousera un grec récent, un fils Brizoual, progéniture d'un maçon de Plœmeur.

 

Sur la route, du Bourg à Port Mélite, on rencontre le hameau de Kermoel composé en 1906 de 9 maisons abritant 9 ménages soit 44 personnes. Le 4 mars, 13 personnes sont absentes. (a). Puis celui de Kervaillet, composé de 10 maisons abritant 10 ménages soit 37 personnes. Le 4 mars, jour du recensement, 2 personnes sont absentes. (a).

 

Moins d'un kilomètre sépare Port Mélite du village de Kerohet établi sur une hauteur dans l'est. La côte qui s'étire du Stang Nul, en passant par le Treac'h, jusqu'à la pointe de La Croix où a été érigé un petit phare, est bordée par un retranchement de terre. Avant d'atteindre le village de Kerohet, le dolmen "du champ des vieilles pierres", en breton "Mez er koh Mein" est un monument à couloir, assez important et bien conservé malgré les fouilles sauvages.

Kerohet ! Orthographié sur un document de 1388, Kroezerchet (peut-être une appellation liée à la croix ?). Les insulaires prononcent Krohet. Le village fut d'importance, où l'on comptait 224 habitants répartis dans 47 ménages en 1896. Après le Bourg et Locmaria, il était un des hameaux les plus peuplés avec Kerlard et Quéhello. Dix ans plus tard, en 1906, il est composé de 41 maisons abritant 44 ménages soit 211 personnes. Le 4 mars, jour du recensement, 32 personnes sont absentes. (a).

Armateurs et gens aisés y avaient élu domicile. Parmi eux, la grande famille Tonnerre "Pelo". Un vicaire, peu compréhensif à leur égard, ne voulut point baptiser un de leurs enfants, sous prétexte que la famille délaissait quelque peu la pratique religieuse. C'est en épousant une "Pelo", Anne Tonnerre, que Maurice Gourong, vint s'établir à Kerohet.

Était-ce la présence, en contrebas de Kerohet, dans la direction du sud, du prieuré de Saint-Gunthiern dont la chapelle existera jusqu'à la révolution française, qui fit de Kerohet un village apprécié. Dubuisson-Aubenay écrivait : "En outre, il y a 31 hameaux ou villages et 11 ou 12 chapelles dans l'île entre lesquelles est le prieuré de Saint-Gunthiern, appartenant à l'évêque de Cornouaille, qui a de 80 à 100 écus de revenu". Certaines cartes du XVIIe ou XVIIIe semblent signaler quelques édifices autour du prieuré. Étaient-ce des maisons d'habitation, des logements pour le clergé ou encore des communs pour les desservants et leurs domestiques ? La mémoire populaire de l'île a conservé le souvenir d'un petit cimetière contigu à la chapelle.

 

La Pointe de La Croix, déjà mentionnée sur les cartes anciennes, est celle, évoquée par le pilote Pierre Garcie en 1542. Les anciens appelaient autrefois "Pen er Vro", toute la côte orientale du pays qui s'étend de la pointe de La Croix à la pointe des Chats. Était-ce plutôt une plage ou une pointe de cette côte qui portait ce nom ? C'est à l'extrémité de la plage du Treach (plage en breton) que se trouve la "garitouillen" et en amont la côte des Boches. Voilà des noms, connus des seuls habitants de Kerohet. La plus grande plage de l'île, appelée justement Grands Sables, commence au pied du Fort-Surville. Elle s'est formée à l'abri des falaises et en arrière d'une dune de sable. Soumise depuis toujours à une dérive littorale, elle n'a cessé de se déplacer. Mais depuis 30 ans, le déplacement est spectaculaire qui la pousse vers le N-O. Au grand désespoir de ceux qui voient d'un œil mauvais la foule de touristes, se déplaçant en même temps que la plage. 

Le Fort Surville abrite le 4 mars 1906, 85 militaires.

La nomenclature de l'INSEE donne Fort-Surville 3.2 N-E. C'est sans doute un nom récent: serait-ce le nom de l'ingénieur qui a conçu le ouvrages militaires ?

La plage des Sables Rouges au-dessous de la batterie de Nosterven prolonge celle des Grands Sables. Porh Koustic sous l'ancien sémaphore, puis Porh Ganol lié à un Penn er Ganol, pointe du chenal, complètent le cordon littoral de l'extrémité orientale jusqu'à la Pointe des Chats. Cette dernière est une basse rocheuse, constituée de schistes, qui décline lentement sous les eaux sur plusieurs centaines de mètres carrés vers le large. Aux grandes marées, ce plateau rocheux est presque découvert. Les courants sont violents, surtout par vent d'est et de sud. Le passage en bateau est dangereux et il faut déborder, très large, quand on double la pointe sous peine d'échouage ou de drossage à la côte. Cela est arrivé plus d'une fois et les accidents ont souvent été mortels. La dénomination des Chats proviendrait d'une déformation du mot "raz", endroit où, comme dans le fameux raz de Sein, le courant est d'une violence inouïe... Lorsque la mer montait, elle encerclait au large, avant de les submerger, quelques roches dont la forme faisait penser à des dos de chats. Ces rochers, surélevés, ont disparu,. Ce lieu-dit abrite un hameau, composé en 1906, de 2 maisons abritant 3 ménages soit 11 personnes.  

Le sentier côtier se poursuit depuis la Pointe des Chats, éclairée par la lueur de son petit phare, jusqu'au port de Locmaria, en longeant la plage de Porh-Morville où s'élève le petit dolmen à couloir de Magouer-Huen, le Mur blanc.

"Basse et rocher, pointe et fort sur l'Océan, commune de Croix". DTM. En face dans la commune de Ploemeur le même dictionnaire cite "Les Chats", basse sur l'océan. Les chats griffent et cette basse constituée par des schistes, en déclivité lente, et surmontés par des courants de marée accentués par des vents de suroît ou de noroît a dû causer bien des naufrages. En effet, des roches situées à 3,5 kilomètres dans le sud-est de la pointe des Chats ne sont qu'à 40 centimètres au-dessous du 0 sur la carte dressée par Beautemps-Beaupré. (cf Carte de La Pointe de Trévignon - Ile de Groix des service hydrographiques de la Marine 1905).

C'est un "raz" qui était à coup sûr ainsi désigné en breton : en effet comme au raz de Sein les courants sont violents à cause de la faible profondeur. La particularité du Vannetais est que le (s) dur jadis orthographié (tz) (cf. la graphie Portz des cartes marines) est devenu une spirante sourde (X) = c'h du KLT. Don on a dû dire (er raheù) = les 'raz'. Ce qui a facilité le passage à "chats" car dans le breton, "les chats", (er haheù) sont presque un homophone de "les raz" (er raXeù) d'où l'appellation en français. On retrouve ce nom dans le Golfe du Morbihan: le Ratz, commune d'Arradon-Seigneurie, manoir, er Raz, port sur le Morbihan (i.e. le Golfe), et écart dit Raz-Vihan, commune de l'Ile aux Moines. Le Raz, étang et ruisseau se jetant dans l'Océan, côte d'Erdeven. (DTM). On peut rattacher à ces noms les Rats ou les deux Soeurs, placés sur la CC en face de Kerroch, dans la commune de Ploemeur.

Dans la dénomination locale, ils sont devenus "er Vaz vraz" et "er Vaz vihan". (E.LB) 10700. Ceci confirme cette hypothèse concernant le sens du nom "les Chats" à Groix... Le mot est féminin en breton vannetais comme le montre la mutation du "b" en "v" dans Raz-Vihan à la différence du français. Le dictionnaire de Favreau le donne comme masculin suivant, ainsi Grégoire de Rostrenen et Ernault qui le donne avec le même genre dans son dictionnaire vannetais. Cette variété de genre se retrouve pour d'autres noms concernant les roches marines: cf: "escobez", la roche couverte de pourpre comme un évêque. B-LB, p. 504.

C'est sur cette côte que s'échoua le "Sanaga", un cargo grec, en 1973. La mentalité de pilleurs survit sur une terre habituée à considérer que les offrandes de l'océan ne sont qu'une compensation à sa sauvagerie. On se battait dans l'île, il n'y a pas encore longtemps, pour un simple morceau de bois découvert sur le rivage. L'affaire du "Sanaga" fit tant de bruit que quelques marins pêcheurs composèrent une chanson humoristique, en utilisant l'air de "0 Mamy Blues", sur ce naufrage et le pillage de l'épave.

 

Locmaria, le village de la chapelle dédiée à Marie, a longtemps été le plus important de l'île. Vraisemblablement, il existait même avant le bourg. Les premiers habitants de l'île se sont installés ici, avant d'occuper tout autre lieu. La baie, relativement bien protégée, surtout par vent d'amont, vents de nord - noroît à est, possède un fond de sable qui permet l'échouage. Le ruisseau qui coule dans le vallon du Stang et une exposition plein sud avec un ensoleillement optimal, ont été des conditions satisfaisantes pour créer un village. Nous savons que les appellations en "loc" apparaissent au XIe siècle et qu'elles sont un dérivé du latin "locus", "lieu" avec le sens plus précis de lieu consacré. Très ancien donc, Locmaria a été supplanté par le Bourg à une date relativement récente. Ce village souffre peut-être plus que les autres de la désertification. En 1896, il comptait 886 personnes réparties dans 178 maisons où vivaient le même nombre de ménages. C'était le double de la population du village du début du XIXe siècle car Locmaria, à l'image de toute l'île, qui connut un essor démographique considérable. En 1906, il est composé de 214 maisons abritant 216 ménages soit 878 personnes. Le 4 mars, 179 personnes sont absentes. (a). La population atteindra près de 1000 habitants à la veille de la 1ère guerre mondiale alors que le port abrite une quarantaine de dundees, une vingtaine de bateaux de tonnage moyen et de nombreuses barques de pêche.

Le village s'est développé au bas des routes provenant du Bourg, de Kerohet, de Kerliet, de Locqueltas, au bord de cette baie baptisée Placemanec et qui a donné le vocable local de la vierge de la chapelle, N D de Placemanec. Une légende situe ici une forêt, à jamais enfouie. A-t-elle été submergées lors d'une remontée des eaux ou d'un cataclysme naturel.

Si une telle forêt existait, pourquoi quelques documents historiques nous rapportent-ils que les moines et les habitants de l'île souffrirent d'un froid rigoureux lors de l'hiver 1126 alors qu'ils étaient censés avoir à disposition du bois pour se chauffer.

Le village a longtemps conservé l'attrait d'un village de pêcheurs avant que ne viennent le défigurer des restaurations inappropriées. Il y a encore 30 ans, les maisons se serraient les unes contre les autres, le long des petites ruelles et venelles qui aboutissaient au port et autour de la place où avait été érigée la chapelle. Détruite en 1696, elle n'a été reconstruite que plus tard, bénie en 1734 et sa cloche baptisée en 1736. À l'intérieur, on admire un remarquable ex-voto représentant une barque de l'île, prise dans la tempête, alors qu'elle ramène le docteur Lestrohan, médecin des épidémies, le 4 décembre 1825, à Port-Louis. Pris au plus fort d'une bourrasque qui le met en grand péril, l'équipage en appelle à l'intervention de Ste-Anne, qui est sans doute sensible à leur prière, puisque tous en réchappent. Le tableau est commandé en souvenir du miracle.

Locmaria a longtemps possédé 2 écoles : celle religieuse, tenue par les sœurs, bâtie au bord de la plage et celle de la République appelée laïque et surnommée aussi "école du diable", établie au Cras, un quartier du village. Locmaria est devenu, l'hiver, un village de retraités et l'été un lieu de villégiature pour de nombreux touristes. Locmaria n'abrite plus en ses murs quelques héros comme Thomas Bihan, haute figure de l'héroïsme groisillon, qui sauva des dizaines de vies humaines au cours de ses longues courses marines, ou des artistes du cru, à l'inspiration toute maritime, comme Jean Tonnerre dont les toiles, aux lignes sobres, dépourvues de toute extravagance, aux couleurs chaudes sans vif éclat, sont de véritables documents ethnographiques de l'île au début du siècle. Il peignit non seulement les voiliers, au port, sous voiles, mais aussi les joueurs de cartes, les mariées et le célèbre Jean Marie Fil d'Acier. Un autre artiste de Locmaria, Marc Néro, ancien marin, a reconstitué de ses doigts gourds mais ô combien habiles, à travers des maquettes fidèles, la plupart des types de voiliers de l'île et de la Bretagne. Adolphe Barbier, originaire de l'île, a aussi vécu sa retraite à Locmaria où il a pu se livrer à sa passion de la peinture.

Locmaria était plein de vie quand je demeurais sur l'île, les bistrots faisaient foison: le Café de la paix, l'Excelsior, tenu par Nono, personnage sympathique, extraordinaire. Nono avait accroché sur les murs de son bistrot toute une série de tableaux, dont le célèbre Jean Marie Fil d'Acier peint par Jean Tonnerre. Ces lieux devenaient souvent des rings sanglants quand éclataient les bagarres entre les gars du Bourg et ceux de Locmaria. La bande du Bourg, quand mon père était jeune homme, venait dans ce seul but: provoquer les arrogants "locmariens". Ces rixes avaient dû commencer, il y avait bien longtemps, quand les deux agglomérations se livraient des querelles de préséance, afin de jouer le premier rôle dans l'île. Le tableau d'une vie villageoise intense sera achevé en rappelant l'existence des commerces nécessaires à la satisfaction de tous les besoins en alimentation, boulangerie, épicerie et même une mercerie tenue par les sœurs du père Lanco.

 

 La route, dite route du Bourg, quitte Locmaria vers le nord-ouest mène à Kerampoulo.

Graphie de 1388 Kerampoullou. Elle parait cornouaillaise plutôt que vannetaise. Le sens est: "le village des mares"

En 1906, il est composé de 16 maisons abritant 16 ménages soit 77 personnes. Le 4 mars, 17 personnes sont absentes. (a). En breton "ar poul" peut être traduit par mare, mais aussi lavoir. Village de l'eau ou des eaux, Kerampoulo était estimé pour les pouvoirs de sa fontaine; son eau avait la réputation de préserver des maladies et de donner force, vigueur et santé aux enfants que leurs mères venaient plonger régulièrement. Le clergé n'aimait pas ces pratiques, d'origine païenne, qui se déroulaient autour de la fontaine dont on affirmait, que non seulement son eau soignait mais aussi qu'elle embellissait le corps. Les mères après y avoir trempé leurs rejetons s'adonnaient-elles ensuite à des ablutions pas très catholiques ? Est-ce pour lutter contre ces agissements, inspirés par le diable, que fût bâtie une chapelle en hommage à la Vraie Croix ? Ne pouvant lutter efficacement contre ces rites, ancrés depuis la nuit des temps, on décida à les christianiser. La fontaine fut placée sous la bénédiction de St Marc et le 25 avril, la population était invitée à venir entendre la messe dans la chapelle et à prélever un peu de cette eau que l'on utilisait pour bénir les champs afin que les récoltes soient providentielles. La chapelle a disparu. Mise en piteux état lors de la Révolution, elle servit de cantonnement jusqu'en 1814. Elle aurait été à nouveau bénie le 14 septembre 1819. Aujourd'hui ne demeure plus au bord de la route, pour rappeler le souvenir de la chapelle, qu'une croix d'un aspect peu réjouissant. Cette croix aurait été celle du prieuré de Saint-Gunthiern.

 Un chemin mène de Kerampoulo au Stang, minuscule hameau situé au bord du vallon du même nom (traduction littérale du mot breton) qui possédait autrefois un moulin fort réputé. Les Créabot s'établirent dans ce moulin, au début du XVIIe siècle. Y a-t-il eu un moulin à eau dans ce vallon ? Quelques personnes l'affirment, mais si tel a été le cas, sa roue ne devait sûrement pas tourner tous les jours eu égard à la médiocrité du débit du ruisseau. En 1906, il est composé de 4 maisons abritant 4 ménages soit 13 personnes. Le 4 mars, 2 personnes sont absentes. (a).

 Du Stang, on gagne Kerliet. Ce modeste village (parfois été écrit Kerniliet) n'a rien pour retenir l'attention. C'est ici que vivait Jeanne TENIER, la fille de Tudy Tenier et de Célina Sabinéa, qui épousa Pierre Marie Tonnerre du village du Mené. Après leur mariage, ils achetèrent une maison dans le village de Kerliet pour s'y établir. Sous son toit, verront le jour Benoît Tonnerre et ses trois frères, Pierre, Alexandre et Jean-Michel ainsi que leur sœur Évangeline. Célina Sabinéa fut trouvée le 7 novembre 1835, dans le tourniquet de l'hospice de Lorient. Jeanne Tenier, (meumée Chan), qui vivait encore après la guerre était une toute petite femme qui ne bougeait quasiment plus de son fauteuil depuis une polyarthrite aiguë survenue à l'âge de 48 ans. En 1906, il est composé de 17 maisons abritant 18 ménages soit 78 personnes. Le 4 mars , 7 personnes sont absentes. (a).

 De Kerliet, une route goudronnée en cul-de-sac mène à Kermouzouët, à la toponymie obscure, après avoir descendu le vallon du même nom où sont installés la fontaine et le lavoir St Armand ou St Amand. Elle était réputée autrefois pour guérir les maux de tête et soigner les maladies frappant les animaux. Encore fallait-il la puiser à l'heure où le soleil darde de ses plus beaux rayons, c'est-à-dire aux environs de midi. Les vieux documents affirment qu'il existait autrefois une chapelle. En 1906, il est composé de 8 maisons abritant 8 ménages soit 44 personnes. Le 4 mars, 3 personnes sont absentes. (a).

Le vallon de Kermouzouët débouche sur la baie de Locmaria, au pied du village de Kerzauce. 3/4 maisons, apparaissant sur les cartes entre le milieu et la fin du XVIIIe siècle, forment ce village de Kersauce, toponyme dans lequel il faut voir le mot "zauzon", le hameau des saxons (les Anglais), ennemis héréditaires des celtes et des bretons. Sur une carte de 1737 figure même un "cimetière des Anglais", souvenir sans doute de l'épisode des "Flamanked" de 1696. En 1906, il est composé de 4 maisons abritant 4 ménages soit 11 personnes. Le sentier côtier qui longe la côte en direction de l'ouest vers la pointe des Saisies, surplombe la belle crique de sable banc immaculé de Porh-Roëd et mène ensuite au village de Kermarec orienté au sud.

Les hommes étaient tous pêcheurs et connaissaient ce bout de côte comme leur poche. Les mariages entre gens du même village ou avec ceux du village d'à côté étaient monnaie courante.

Est-ce le patronyme Marec dont on sait qu'il existait dans les noms de fermiers établis sur l'île au XlVe siècle qui a donné son nom au village de Kermarec ?

En 1906, il est composé de 24 maisons abritant 24 ménages soit 121 personnes. Le 4 mars, 17 personnes sont absentes. (a).

Puis à celui de Locqueltas, village orienté au sud, qui a longtemps vécu en vase clos.

Guère à avoir d'hésitation sur l'étymologie de Loc-Gueltas est le lieu de la chapelle dédiée à Gildas, appelé en breton Gueltas qui est aussi le patron du village de Kermarec. La chapelle a été détruite à la Révolution. Une fontaine surmontée d'une croix de pierre donnait autrefois une eau de bonne qualité. Restaurée dans les années 1960, la fontaine avait reçu une statue de Saint Gildas.

En 1906, il est composé de 31 maisons abritant 31 ménages soit 120 personnes. C'est entre le vallon du Storang et Locqueltas que fut installé le premier terrain de football de l'île.

De Locqueltas en retournant vers le Bourg, on traverse le village de Lomener. Dans le cartulaire de l'abbaye de Quimperlé, l'orthographe est Locmelaer (début du Xlle siècle); il appartenait à l'abbaye. La charte, évoque, lors de la donation faite par Huelin, ce site, consacré au culte de Saint-Méloir (et non, à celui de Saint Hilaire), même si la fontaine qui existe encore aujourd'hui lui est dédiée. L'église fut aussi détruite lors de la révolution. La fontaine porte aune inscription affirmant qu'elle daterait de 1836, mais c'est une reconstruction car la fontaine existait bien avant. En 1906, il est composé de 67 maisons abritant 33 ménages soit 161 personnes.

Locmener - Locmelaer XIIème siècle (abb de Ste-Croix de Quimperlé) "La forme ancienne est tirée du document de 1114-1131 publié par L. Maitre et P. de Berthou,. Il nous apprend que l'abbaye prélevait les dîmes sur toute l'île et possédait cinq villages: Loc Gurthiern, Loc Maria, Ker Haelrech. Loc Melaer, Kerbranken exempts de toute redevance. Loc Melaere (forme de 1388) est devenu Lomener et même Lomer (CC )- La charte X du même cartulaire relatant les donations faites par Huëlin, beau-frère d'Alain Caignard, seigneur d'Hennebont (datée entre 1031 et 1055) cite "ecclesiam sancti Melori (in insula Groe) "C'est à dire de Saint-Méloir, devenue Lomener. Pour le culte du même saint cf : Lomener commune de Plemeur et id ccommune de Pontscorff et sans doute Saint Mélard. H. communene de Napoléonville (Pontivy) et manoir en la paroisse de Noyal Pontivy. Le culte de St Méloir a donné naissance à une paroisse d'Ille et Vilaine : St-Méloir-des-Ondes et à un lieu-dit Saint Méloir-des-Bois à Tinténiac. Tant de distance ente ces deux zones de culte d'un même saint breton amène à se demander s'il s'agit bien du même personnage; On peut douter fortement que le Melaer qui avait donné son nom à un village de Groix était le même que l'enfant martyre de Lan Meur-Melaer (Fin). La vie de ce saint dans la VSB est un véritable pathos et malgré les rectificatifs divers apportés par les éditeurs de la Sème édition (1901) le problème n'est pas clarifié pour ce qui concerne le Melacr de Groix. Le problème est à revoir complètement. C'est l'abbaye de Redon et non celle de Quimperlé qui eut des antennes vers Lanmeur (donation de l'île-Grande) ce qui pourrait à la rigueur expliquer l'extension du culte vers le sud de la Bretagne. La CC situe Lomener au N-E de Keriguant et Lomer à l'est de St Tudy, mais on ne peut lui faire confiance en matière de localisation.

Sur la route de Lomener au bourg, on rencontre le hameau de la Trinité, composé de 8 maisons abritant 5 ménages soit 19 personnes. Le 4 mars, 1 personne est absente.

Installé sur le point le plus haut de l'île, à 47 mètres, se dresse Créhal, une déformation du mot breton "krec'h" signifiant justement hauteur. Il n'y aurait pas grand-chose à dire sur ce petit village si la gendarmerie n'y avait pas été installée durant plusieurs années. La maison qui l'abritait avait servi auparavant de bistrot. En 1906, il est composé de 40 maisons abritant 42 ménages soit 189 personnes. Le 4 mars, 25 personnes sont absentes. (a).

Au sud de Créhal, on rencontre le hameau de Kérigant composé, en 1906, de 7 maisons abritant 7 ménages soit 42 personnes. Le 4 mars, 9 personnes sont absentes. (a).

Le Trou de l'enfer ! "Toul en lhuern" disaient les insulaires ! Pourquoi une désignation si redoutable pour une fissure de la falaise rocheuse, aux dimensions modestes, même si le site a de tout temps impressionné. Il est indéniable que depuis le bord de la falaise, le promeneur, lorsqu'il plonge le regard vers les profondeurs, en suivant la paroi, peut éprouver quelque malaise. Spectacle "infernal" que celui d'une tempête quand l'océan rageur, vociférant d'une voix lugubre de stentor, vient battre en neige les tourbillons d'eau salée. Les embruns de mousse blanche qui s'élèvent de l'abîme viennent s'accrocher aux branches des ajoncs, jusqu'à plusieurs centaines de mètres du rivage.

On a tout raconté sur la fameuse grotte du Trou de l'Enfer . Que sur ses escarpements se réglaient autrefois les querelles aux issues souvent fatales. Aux enfants, on disait qu'elle était l'antre du diable. C'était un excellent moyen de les dissuader d'une visite à ce lieu réputé dangereux. Le Trou de l'Enfer est l'œuvre de la mer; les assauts répétés des vagues hautes de plus de dix mètres, lors des tempêtes du suroît, ont fini par excaver cette grotte dont la profondeur n'excède pas 200 mètres.

Un grand nombre de croyances et superstitions sont attachées à cette grotte. C'est le repaire d'êtres maléfiques et surnaturels. Une espèce de triton monstrueux (homme poisson) était souvent aperçu non loin de la côte où il aurait élu domicile. Beudeff le grand-père de Joseph Stéphant, le décrivait ainsi: un monstre, à tête d'homme dont le visage, en forme de lune, était percée de 2 yeux énormes injectés de sang et d'une bouche tordue où flottait en permanence un rictus, il organisait des bacchanales dans ce lieu maudit. D'autres affirmaient qu'à la place des jambes, il avait des nageoires. Il ressemblait beaucoup à celui décrit à Belle-Isle à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle. Si ce n'était pas lui, cet être marin qui fréquentait la pointe des Poulains, ça ne pouvait être que son frère quoique la description faite par Saint-Amand donnât plutôt à penser à un être de sexe féminin. Peut-être que l'homme-poisson de Groix fréquentait la femme-poisson de Belle-Isle mais ils n'ont pas eu d'enfants puisque, depuis belle lurette, personne n'a plus revu ce genre d'êtres marins dans les parages de nos iles bretonnes.

 

PIWIZY

Piwisy ! La terre de l'ouest ! Le pays de la mer ! La côte sud-ouest, qui s'étend depuis le Gadoéric sous Quéhello jusqu'à la pointe de Pen-Men, est appelée depuis les temps les plus anciens, la côte sauvage. La côte des naufrageurs ! Une succession de falaises déchiquetées ourlées par des éboulis de roches battus par les flots, entrecoupées de vallons et baies, hérissées de pointes : Don de Kervédan, Porz de Saint Nicolas, pointe de Roc' Hi-hir, Cro Menac'h, baie du Ven Hoal, pointe du château de Kervédan, Trou du Tonnerre, grotte aux Moutons. La mauvaise réputation de quelques familles des villages de cette côte a survécu au temps qui passe.

Le premier village de cette côte s'appelle Quéhello. Les pignons blancs, bien chaulés, se mêlaient dans le village, aux murs anciens, faits de pierres plates, sur lesquels séchaient au soleil les traditionnelles galettes de bouse de vaches, les "krampoeh kauh seud" destinées au chauffage.

Le nom du village, s'est écrit aussi Kerhéllo. Il est identifié en 1388 sous la forme de Kerhaellou, le village de Haellou, ancêtre du patronyme Héliou.

En 1906, il est composé de 54 maisons abritant 55 ménages soit 269 personnes. Le 4 mars, 47 personnes sont absentes. (a).

Les habitants de Quéhello ont bénéficié de la proximité du vallon de St Nicolas qu'ils ont toujours considéré comme leur propriété. Les pêcheurs côtiers et les retraités fréquentaient St Nicolas, anse naturelle au sortir du vallon. Elle porte le nom de port, mais aucune infrastructure, aussi modeste fût-elle, n'y a jamais été construite. La crique est célèbre à cause de son rocher de la Vache qui trône au milieu des eaux. Quelques grands voiliers prenaient autrefois le risque d'y venir mouiller.

Il y avait autrefois une chapelle dédiée à St Nicolas sur les hauteurs du vallon. Rien d'étonnant quand on sait que le culte de l'évêque de Myre, né en Asie Mineure, connut un engouement sans borne parmi toutes les populations maritimes et fluviales. Patron incontesté de tous les marins et mariniers du monde occidental, mais aussi des charpentiers de marine, des pèlerins, des éclusiers, des passeurs, en un mot du monde de l'eau, il est reconnu pour avoir assisté des dizaines de bateaux pris dans la tempête.

 Le vallon de St Nicolas rejoint celui de Kerlard, nom du village installé au bord de ce dernier. En 1906, il est composé de 49 maisons abritant 50 ménages soit 234 personnes. Le 4 mars, jour du recensement, 42 personnes sont absentes. (a).

DTM dit "village, marais et pont sur ce marais, commune de Groix" par pont il faut entendre à coup sûr un gué pavé de grosses pierres qui permettait le passage au moins des piétons lors des périodes pluvieuses. La graphie de 1388 est "Keraulard". Si le "u" est une mauvaise lecture de "n" ce qui est fréquent cela montrerait qu'on a affaire à une forme avec l'article "an". Je doute fortement que cela permette de supposr qu'on a le nom commun signifiant: "le lard". Je pencherais pour garder Aulard, nom de personne

Kerlard est le seul village présentant une structure en étoile, très marquée. C'est un cul-de-sac, ordonné autour d'une grande place, qui servait sans doute autrefois au battage. Sur le pourtour de la place, une dizaine de maisons ont été édifiées. Bien que l'eau de la fontaine de Kerlard soit considérée comme l'une des meilleures de l'île, il n'empêche qu'il y a toujours eu des bistrots à Kerlard. Le plus célèbre a sans doute été celui de Noémie.

Trois villages de la partie occidentale ont reçu le nom de Kerlo. Le premier Kerlobras, ou grand Kerlo, posséda une école publique, fort modeste, fréquentée par les garçons et les filles de Piwisy dont les parents ne se formalisaient pas de la querelle école laïque - école privée. En 1906, il est composé de 25 maisons abritant 25 ménages soit 110 personnes. Le 4 mars, 23 personnes sont absentes. (a).

Le second au sud, Kerloret, composé de 10 maisons abritant 10 ménages soit 53 personnes. Le 4 mars, 8 personnes sont absentes. (a).

À Kerlobihan, le photographe Blanchard exerçait ses talents dans la composition des photos d'identité. Les familles venaient se faire tirer le portrait quand elles avaient besoin de cartes. Mais notre photographe mitrailla aussi la vie de la flottille groisillonne et bon nombre de ses clichés, certains fort remarquables, constituent aujourd'hui les fonds de collections des amateurs avertis et passionnés de la marine à voile. En 1906, il est composé de 3 maisons abritant 5 ménages soit 19 personnes. Le 4 mars4 personnes sont absentes. (a).

Au carrefour des routes de Kerlard, Kerlobras, Kervédan et Quelhuit, l'oratoire du Pradino a été élevé par les marins du "Paotr Piwisy" qui réussirent à se sauver lors d'une tempête.

Kervédan est considéré comme le plus sauvage de tous les villages. En 1906, il est composé de 36 maisons abritant 37 ménages soit 169 personnes. Le 4 mars, 29 personnes sont absentes. (a). La fontaine de Kervédan a connu une grande mode auprès des fiancés. Elle porte encore le nom de fontaine des amoureux. Une jeune fille voulait-elle savoir si son fiancé avait vraiment l'intention de l'épouser ? Il lui fallait aller, à la nuit noire, jusqu'à la fontaine en prenant soin de n'être vue de personne et devait jeter dans l'eau une pièce de monnaie…

Maurice Gourong se rendant au dépôt de Rochefort pour y suivre un cours d'infirmier rencontra en 1914 un officier qui, apprenant qu'il était de Groix, le traita de descendant de naufrageurs et de pilleurs de cadavres. Après avoir demandé une explication, il apprit que l'officier était descendant d'un capitaine qui avait fait naufrage sur la côte sauvage de l'île. Une famille de Kervédan (ou de Kerlard), avait dépouillé son ancêtre et ses compagnons d'infortune de tous leurs biens.

Sur cette côte sauvage, entre Kerlard et Kervédan, le Trou du Tonnerre n'avait pas bonne réputation. On racontait qu'autrefois les couples de fiancés venaient juger la solidité de leur amour et connaître l'avenir de leur union. Ils s'y rendaient, à la tombée de la nuit, et s'élançaient d'un bord à l'autre.

La pointe extrême de l'occident insulaire mérite bien son nom de Pen Men, la pointe de pierre.

Pointe de Pen-Men (NI et DTM) 4,6-N-O. C'est l'extrémité occidentale de Groix. La carte de l'IGN note au dessus de sémaphore -Fort du Grognon: "Cromlech de la vieille fée" Je crois deviner à quoi se rapporte cette allusion à une vielle fée: dans le DO on lit: "Dans cette île selon quelques antiquaires, habitaient les druidesses. Ce qui appuie cette opinion c'est le nom de Enez-er-Grouac'h, Ile des Sorcières, qui lui fut donné jadis: or, I'on sait que dans la Bretagne on a attribué aux magiciennes ou sorcières tout ce qui venait des druidesses." Le DO dit avec doute: "on prétend que l'étymologie du nom de Grouais vient de la langue bretonne et signifie grotte" Bien entendu ce ne sont que spéculations sans la moindre vraisemblance. On a vu que Groix en breton est dénué de la gutturale qui termine sorcière groah. Le sens de Pen Men est "Têtes" ou "extrémité de pierre".

Le phare, qui a été élevé à 500 mètres de la côte au siècle dernier, est une tour en pierre de 28 m de hauteur avec quelques bâtiments annexes qui servaient autrefois de logement aux gardiens. Jusqu'en 1951, la lampe était alimentée par l'incandescence du pétrole. Depuis, l'électricité est passée par là. Le phare était, autrefois un but de promenade dominicale. Les enfants aimaient monter tout là-haut. Ce n'était pas tant la vue imprenable qui les intéressait que la machinerie, la lampe et les loupes. Il y a eu autrefois à Pen-Men un gardien de phare du nom Gouron. Bien que descendant d'une vieille famille de Groix, ces Gouron là étaient natifs de Quiberon. Ils n'étaient pas apparentés du tout à notre famille, leur patronyme ne comportait pas un "g" final.

De la pointe de Pen-Men à Beg-Melen (la pointe jaune, ainsi baptisée en raison du tapis d'ajoncs ras qui la recouvre entièrement), où a été érigé le sémaphore, les lieux dits de la côte, portent les noms de Fons et de Billéric. C'est le début de la côte "du dedans" comme disent les insulaires, qui, bien que protégée des houles et du ressac de la haute mer engendrés par les tempêtes de sud et suroît, n'en demeure pas moins impressionnante avec des falaises tout aussi vertigineuses que celles de la côte du dehors. Cette portion de littoral avait la réputation autrefois d'être le domaine des sirènes, les "gorriguez", Les sirènes sont généralement des créatures généreuses qui exaucent bien souvent les vœux, surtout ceux des enfants qui rêvent de devenir capitaines. Celles de Groix ont une réputation bien plus mauvaise. Les Groisillonnes d'antan n'y sont sans doute pas pour rien dans cette histoire. Comme le prouve ce conte.

" Une femme de Quelhuit s'était rendue avec sa fille, âgée de moins d'un an, sur une roche de cette côte afin de faire provision de moules et de pouce-pieds. Elle dépose le panier d'osier où repose l'enfant sur un rocher et s'active à sa cueillette. Elle aperçoit soudain dans les flots une femme d'une grande beauté, à la chevelure dorée comme les blés, et dotée d'une queue de poisson. La sirène ayant disparu, elle poursuit sa tâche lorsqu'elle entend les pleurs de sa fille. Elle se retourne et voit alors la sirène serrer dans ses bras l'enfant si fort, si puissamment qu'il en risque l'étouffement. La mère se précipite en hurlant vers la créature qui plonge immédiatement dans la mer entraînant avec elle le corps désarticulé et ensanglanté du nourrisson. La pauvre femme, folle de douleur, court au village et malgré l'essoufflement et les pleurs, parvient à relater ce qui vient d'arriver. Les vieux marins racontent alors que dans leur jeune temps les sirènes étaient nombreuses à fréquenter la côte de Pen-Men à Beg Melen mais qu'il y avait bien longtemps que personne n'en avait plus revues. Les villageois de Quelhuit décident de mettre terme à la cruauté de la femme poisson. Un pantin articulé, une sorte de grande marionnette en bois imitant grossièrement le corps d'un jeune enfant, est fabriqué. Des ficelles sont fixées aux jambes et aux bras afin de les actionner depuis une cachette. Le pantin est déposé sur un rocher au bas de la falaise. Hommes et femmes se cachent derrière un escarpement rocheux. Un homme tire les ficelles de temps à autre pour faire bouger les membres. Il ne faut pas attendre longtemps pour apercevoir la sirène tueuse sortir de l'eau, bondir sur la roche et saisir ce qu'elle croit être un enfant. Une volée de pierres et au moins dix coups de fusils partent en même temps. La sirène blessée à mort, sa chevelure toute ensanglantée, virevolte sur elle-même et s'abîme dans l'écume blanchâtre du ressac. La mer rougit. Depuis personne n'a plus jamais revu de sirène dans les parages de Pen-Men ni d'ailleurs en aucun autre endroit de la côte groisillonne.

Entre Beg-Melen et Quelhuit, la pointe, sur laquelle ont été installés une ancienne batterie et un fort plus récent, porte le nom de Grognon. Sur une carte, on lit tout proche de ce lieu "Cromlec'h de la vieille fée". Le dictionnaire d'Ogée signale que l'île était habitée autrefois par des druidesses, ces "groah" dont nous avons évoqué les rites sabbatiques. D'où l'appellation créée de toutes pièces de Triez ar Groah. En réalité le mot Grognon est une francisation de "Tour Grogno": grogno étant un pluriel du mot signifiant "groin de porc".

Les graphies anciennes montrent clairement que "Grognon" est une francisation moderne. En 1694, c'était la pointe de Torgragne, citée après l'Eschelle du Nord. En 1737: "Baterie de Tour Grogno" En 1761-62 Pointe de Grogneau" Pas d'équivoque possible. Mais en 1790 on trouve quand même pour la première fois "Le Grougnon" (et non le grognon !) Au sujet de Tor-Tour, on peut hésiter car il y avait une batterie signalée en 1737. Encore qu'on imagine mal la nécessité de construire une tour pour loger une batterie. Il s'agit peut être du breton "tor" ventre, flanc de colline.

Quant à Grogno, on a affaire au pluriel d'un mot d'origine celtique qui désigne le groin d'un porc, mais aussi bien un cap: cf. La Pointe du Grouin, côte du cap Fréhel (Ille et Vilaine). Une vérification de la congruité du sens serait bien utile. C'est le bruit de la mer dans une grotte qui a pu suggérer la dérivation de sens.

L'origine du nom du village du Moustéro, décliné de "moustoir", indique une présence monastique. Moustéro possédait autrefois une chapelle placée sous la protection tutélaire de Ste Brigitte ou plutôt Brigid, Une étrange rumeur circule encore dans l'île. Des marins de Quelhuit, de retour d'une longue campagne, on ne sait à quelle époque, apprirent que leurs femmes avaient été violées par des moines, résidant au Monastère de Ste Brigid. Ils les auraient proprement liquidés et jetés à la côte.

En 1906, il est composé de 30 maisons abritant 31 ménages soit 146 personnes. Le 4 mars, jour du recensement, 27 personnes sont absentes. (a).

Quelhuit est orthographié, sur les anciennes cartes, Kelhuit "l'endroit où poussent des coudriers".

Le sens de ce nom est "coudraie". le vieux breton avait "coilguid"; coll = coudriers et guid = arbres. Mais il se peut aussi que ce soit la forme réduite de Kerwezid ce qui ne change rien au sens (cf Favereau. Dict. du breton contemporain). Simplement le mot se décompose autrement: "kelwez" collectif signifie coudrier et "id" est la terminaison collective issue de "etum". Le nom n'est pas inconnu dans le Morbihan : cf. Quel vide, hameau et écart dit Ogée-Quelvide, commune de Gourin. Quelvite, moulin à eau sur le ruisseau de ce nom, commune de Guiscriff; ruisseau affluent du Naïc, qui arrose Guiscriff, qu'il sépare du département du Finistère (DTM)

C'est un joli petit village où se célèbre, dans la chapelle, qui n'aurait pas été autrefois sur la hauteur, mais bel et bien au milieu du village, le culte de St Léonard. La chapelle était autrefois placée sous la garde de St Laurent. En 1906, il est composé de 36 maisons abritant 36 ménages soit 163 personnes. Le 4 mars, jour du recensement, 21 personnes sont absentes. (a).

Kerlivio apparaît encore dans la célèbre chanson de Jean Marie Tantôt puisque le pauvre éconduit de Gallic habitait ce village. En 1906, il est composé de 13 maisons abritant 18 ménages soit 53 personnes. Le 4 mars, jour du recensement, 13 personnes sont absentes. (a).

La fontaine de Kerlivio était extrêmement fréquentée. On l'appelait "feuntan oracle", la fontaine des oracles. Avait-on été volé ? Il suffisait de porter sur soi un peu de son eau. Si l'on rencontrait son voleur, il était tout de suite saisi de coliques qui demeuraient jusqu'à la restitution du butin. Si l'on avait quelque inquiétude au sujet d'un parent ou d'un ami éloigné dont on était sans nouvelle, il suffisait d'aller puiser quelques gouttes d'eau. Mais pas n'importe quand ! L'eau n'avait de pouvoirs que lorsqu'elle était prélevée un lundi, un mercredi ou un vendredi. Si le lendemain du prélèvement, l'eau était corrompue et puante, la personne à qui l'on pensait était sûrement morte; si elle n'était que corrompue et sans odeur, elle n'était que seulement malade; si l'eau était demeurée pure, elle était en très bonne santé. On voit d'ici les épouvantes que pouvait faire naître une telle pratique. Imaginez le nombre de revenants qui ont pu ainsi débarquer dans l'île après que "feuntan oracle" ait annoncé leur mort.

 Sur le vallon de Port-Melin (le port du moulin) veille la statue de J-P Calloc'h, le vénéré barde. Il a composé de magnifiques poèmes. Dommage qu'il ait cédé, par instant, au chant des sirènes nationalistes.

Port-Melin est aujourd'hui envahi par les eaux du barrage qui alimentent toutes les maisons de l'île. Il en fit couler beaucoup d'encre, et de salive, à cause des discussions à n'en plus finir dans tous les bistrots, ce satané barrage. La population était divisée. Fallait-il l'édifier et détruire ainsi un site fort apprécié de la population ? Le vallon ombragé était idéal pour le pique-nique. Ou bien, fallait-il creuser plusieurs puits artésiens et élever de petits châteaux d'eau sur tout le territoire de la commune. Le débat fut vif, agité. La solution du barrage finit par s'imposer.

Batterie de Stanves 1737. Cité entre Port-Melin et Port-Lay. Composé de 2 termes. Le premier est le mot stanc, étang.

Le village de Kerdurand a-t-il été fondé par un certain Durand ? Si c'est le cas, ce Durand là devait venir d'ailleurs car voilà un patronyme qui ne sonne pas du tout breton. En 1906, il est composé de 24 maisons abritant 24 ménages soit 116 personnes. Le 4 mars, 15 personnes sont absentes. (a). Il existe avant d'entrer dans le village une fontaine dédiée à St Jean-Baptiste. On lit aussi que, dans des temps lointains, on chantait la messe dans une chapelle de Kerdurand consacrée à cet apôtre.

Entre Kerdurand et Kermario, on rencontre le hameau de Ker Clavezic, composé de 14 maisons abritant 15 ménages soit 70 personnes. Le 4 mars, 12 personnes sont absentes.

À Kermario, où étaient venus habiter Nainaine Rose et son époux Maurice TRISTANT, avec leurs 4 enfants. Comment oublier ces heures passées dans le jardin extraordinaire, derrière la vraie maison groisillonne, En 1906, il est composé de 45 maisons abritant 47 ménages soit 217 personnes. Le 4 mars, 25 personnes sont absentes. (a).

Il y a là le plus haut mégalithe de l'île, planté au sud, à moins de 200 mètres du village. Il servait d'amer aux marins. On le nomme menhir de Derlhué, mais aussi menhir de St Sauveur, Salved et Bed, ou Pen Er Huern. Jean-Pierre Calloc'h, dans son costume de sous-lieutenant, fut photographié à son pied pendant la grande guerre.

La minuscule crique de Port-Lay, taillée dans le flanc de la côte, où coulait le ruisseau du vallon de Kermario, a de tout temps été utilisée par les pêcheurs.

1388 Porz Lay - la NI a un Ker-Port-Lay à 0,6 au nord du bourg

C'est sans doute la raison qui avait poussé François Louis Galabert, armateur lorientais, propriétaire de nombreuses presses sur le continent, et de celle de Port-Tudy, à édifier en 1803, une autre presse à sardines en ces lieux. Après la mort de Galabert, les Davigo et leur beau-frère Barnabé Noël en firent l'acquisition. Port-Lay connaîtra un essor économique important avec l'installation d'une usine de conserves par Laurent Marie JÉGO, grand-oncle de Maurice GOURONG. Originaire de Locmaria, ce simple boulanger devenu notable, épousera une fille de négociant du Croizic. Propriétaire et exploitant de moulins (Kerlobras et Kerprince), il achète au Conseil de fabrique de la paroisse dont il fait partie, quelques terrains situés à Port-Lay. Sur ces terrains, il fait élever en 1864, après être devenu armateur et négociant, une conserverie. Alors que les pêches sardinières connaissent une succession de crises, cette usine qui a commencé par la fabrication des traditionnelles boîtes de sardine à l'huile, lors de sa création, est l'une des premières, sinon la première du littoral morbihannais, à se lancer dans la conserve du thon. Elle poursuivra ses activités, avec les héritiers de Laurent Marie JÉGO, jusque dans les années 1950. Les bâtiments ont été achetés par le groupe "Jeunesse et Marine" pour en faire une école de voile.

En 1906, il est composé de 23 maisons abritant 35 ménages soit 154 personnes. Le 4 mars, 13 personnes sont absentes. (a).

Une reconversion qui renoue avec la vocation maritime du minuscule port. C'est à Port-Lay que de nombreux marins-pêcheurs de l'île se sont formés à l'apprentissage de la navigation et de la pêche. En effet, Groix a été le premier port de la côte française à accueillir une école de pêche. C'était en 1895. Elle démarre, sous la conduite de l'instituteur Guillard, d'abord dans 2 salles de La Trinité, puis après un court passage à Kermunition, elle se retrouve en 1903 dans une maison sur le quai de Port-Lay, offerte par Madame Le Monnier. Là, tous les hommes de l'île qui le désirent, apprennent à se servir d'un octant, d'un sextant, à faire le point, à tracer une route sur une carte, à se familiariser avec les règlements maritimes. "C'est un bien curieux spectacle qui se puisse imaginer", écrit Anatole Le Braz dans ses "Navigations morbihannaises chez les Groisillons", alors que l'école est toujours à Kermunition, "un rez-de-chaussée, dans une maison basse, des murs blanchis à la chaux, ça et là des cartes, des instruments pendus aux parois, des bancs grossiers et sur ces bancs des adolescents, des hommes de tous âges, figures imberbes de novices, faces dures au poil hérissé de vieux pirates...

L'implantation d'une école de pêche fut presque une affaire d'état. Comment convaincre des vieux patrons qui naviguaient, comme l'avaient fait leurs pères et tous leurs ancêtres avant eux, à l'estime, tant bien que mal, plutôt bien quand même, d'aller apprendre à manœuvrer un bateau. Il se déclenche dans l'île une querelle des anciens et des nouveaux. La plus symptomatique des illustrations de cette discorde entre partisans et opposants à l'enseignement des disciplines maritimes que j'ai entendu conter, concerne Dédé TONNERRE (cousin de Lucien Gourong) de Locmaria, le fils à Auguste, les Hachtéou. Le père avait refusé d'aller suivre les cours de la nouvelle école alors que le fils avait obtenu son brevet de patron de pêche. Les voilà tous deux, chacun à la barre d'un voilier, remontant du golfe de Gascogne vers Groix pour venir livrer leur pêche. Les deux bateaux naviguent de conserve. Soudain, le fils fait le point avec le sextant et appelle par le porte-voix son père à qui il crie, fier comme Artaban de prouver la supériorité de celui qui a appris

Cette école était encore ouverte dans les années 50 ; Lucien GOURONG (fils de Maurice) et ses frères Yvon et Loïc ont suivi ses cours pour l'obtention du brevet de patron de pêche, dispensés par Monsieur Le Sage et à la fin par Joseph Guillaume, un Groisillon pur souche, capitaine de la Marine Marchande.

Au-dessus de Port-Lay, à l'est, il y a Ker Port-Lay. Ce village est composé en 1906, de 21 maisons abritant 21 ménages soit 92 personnes. Le 4 mars, 14 personnes sont absentes. (a).

La portion de littoral qui s'étend de Port-Lay à Port-Tudy, est considéré comme une propriété inaliénable des jeunes habitants du bourg. C'était "leur côte", cette succession de petites criques qu'ils fréquentaient assidûment pour la baignade et la pêche: la plage des Bonnes Sœurs, Le Relaz, la Pointe des Moineaux, La Pierre plate, La Côte blanche, Le Gripp, la Grotte de Madame Barizy, la côte d'Heno, la Roche du bâton, autant de lieux qu'ils hantaient du 1er janvier au 31 décembre. De Port-Tudy à Port-Lay, il n'y avait pas un bout de caillou, un morceau de rocher qui ne leur étaient familiers. En 1906, Port-Tudy est composé de 26 maisons abritant 35 ménages soit 153 personnes. Le 4 mars, 11 personnes sont absentes. (a).

Au-dessus de Port-Tudy, à l'est, il y a Ker Port-Tudy. Ce village est composé en 1906, de 13 maisons abritant 17 ménages soit 74 personnes. Le 4 mars, 13 personnes sont absentes. (a). Une famille STÉPHANT habite ce village.

Entre Primiture et Piwizy, il a le Bourg, composé en 1906, de 160 maisons abritant 219 ménages soit 836 personnes. Le 4 mars, 69 personnes sont absentes. (a).

Saint-Tudy désigne le bourg sur la CC. Ceci est confirmé par le DTM qui cite un document tiré des Archives de la commune d'Hennebont qui donne le nom de Loctudy au bourg. On peut remarquer que le cartulaire de Quimperlé ne cite jamais ce nom qui ne figure pas on plus parmi ceux des saints dont des reliques furent retrouvées à Groix au XIè siècle; Ceci semble témoigner en faveur de la création d'un centre paroissial indépendant du prieuré de locgurthiern devenu St Goujarn sur la CC. Selon les éditeurs du Cartulaire de Ste-Croix: "Il faut le (le prieuré) chercher au village de kerrochet" (M-DB. On peut conjecturer puisque Saint Tudy était un Saint cornouaillais que c'est un abbé de Sainte-Croix qui a choisi cette dédicace.

Autour du bourg et tout à proximité, on trouve:

- au nord, Kermunition, composé, en 1906, de 16 maisons abritant 21 ménages soit 89 personnes. Le 4 mars, 8 personnes sont absentes. (a).

Appellation sans doute récente, "le village où on stockait les munitions": cf la poudrière de Tréfaven à Lorient. Sa position au voisinage du bourg et son appellation, issue du français militaire semble lui donner une origine en rapport avec la mise en défense de l'ile contre les débarquements anglo-hollandais (cf dans DO les trois raids de 1663, 1696 et surtout le récit des prouesses du curé Uzel : lors de la tentative faite par l'amiral Rock (dans le DO) en 1703: il déguisa les femmes en soldats, de sorte que l'amiral, qui avait pourtant réussi un débarquement à Belle-Isle y renonça à Groix. Une lettre de Pontchartrain, ministre de la marine, envoyée de Versailles le 13 janvier 1706 dit ceci qui intéresse notre hypothèse "Sa Majesté se remet à vous quand vous n'aurez pas d'ordre de ceux qui commandent dans le pays de disposer de l'artillerie et des gens de cette île comme vous le jugerez à propos" Quoi de plus pratique pour le curé que d'avoir à proximité de son presbytère de St-Tudy les moyens militaires nécessaires.

- à l'est, Kerfuret, composé, en 1906, de 4 maisons abritant 6 ménages soit 23 personnes. Le 4 mars, 4 personnes sont absentes. (a)

 

Autres lieux-dits

Pointe et brisants du Bazeau : 1761. Pointe de Bazaux ou des Chats, 1774. Il est intéressant de remarquer qu'aussi bien en breton qu'en français les mots sont au pluriel. Ce fait est dû à la grande importance de la situation créée par la descente progressive sous les eaux de mer des schistes primaires qui constituent le sous-sol de l'île. On peut penser que "les Chats" est l'interprétation en français du breton "er Raheù", les Raz. (cf Les deux soeurs ou les Rats, rochers, côte de Ploemeur. DTM.)

Vallon du Benoual 1737. Ce nom qui désigne le vallon proche de l'oppidum vénète de Kervédan est très intéressant car il désigne également un ruisseau affluent de l'Ellé et deux moulins sur ce ruisseau, dans la commune de Guidel, et si mes renseignements sont exacts il y a un oppidum vénète au voisinage. Je propose le sens de "tête entravée ou cap entravé", ce qui caractérise bien un éperon barré.

Pointe de Billeric 1790. S'agissant d'un nom de lieu-dit maritime on peut suggérer que la roche ainsi nommée est un "petit pilier" les noms sont féminins, donc Pilleric-Billeric)

Bois de Parq Alain. 1690. Il est bien curieux de constater qu'au XVIIème siècle un bois est désigné par un prénom. Ne serait-ce pas plutôt Parc al Lan "le champ de la lande" ?

Bouscaoc 1774 à 1790. Sans doute pour "Bot scaoc" : le buisson de sureau.

Pierre au Chien 1737, Impossible à situer autrement que par la proximité de la "Pointe aux Chats" sur la carte de 1737.

Coureaux de Groix (B-LB à Kour) Passage entre l'île de Groix et le continent prononciation / Kouréo Groe/. Le même nom désigne le passage entre Quiberon et Belle-Isle et on dit en breton à Quiberon / Kouriaùeù er Garvér. Le sens indiqué page 503 est certain: "Kour. courant". L'appellation remonte au latin currere, courrir.

Créhal (DTM) et (NI) 0,9-S-O. Cléal sur la CC qui indique une chapelle. La graphie est intéressante car le (l) et le "r" sont des lettres qui peuvent dériver l'une de l'autre: cf. "tambourin" qui donne "taboulin" en breton. La position du village à 47 mètres de hauteur rend très vraisemblable la dérivation du mot "Krec'h qui signifie hauteur" la finale al n'est pas sans parallèle dans d'autres noms de lieux du Morbihan. Cf Bohal, le DTM note un Prad-Créhac : ruisseau se jetant dans l'Océan et pont sur ce ruisseau dit Er-Prad (i.e le pré), commune de Groix.

Fort de la Croix 1776 et (Pointe de la) 1790. Ceci règle de façon décisive le problème posé par la graphie de la CC: "Bat. de la Corox". Il faut lire "Batterie de la Croix". Il est probable que les moines du prieuré voisin qui honoraient la Vraie-Croix (cf la chapelle) avaient fait édifier un calvaire à la pointe de l'île où tant de naufrages survenaient.

Pointe d'Epernel ou Epernel 1774 rt 1790. Voisine de Port-Tudy. On peut penser que le "E" initial est l'article simplifié: er spernel ou plutôt er spernoc signif×e l'épinaie (cf Spernoc)

Pointe de l'Eschelle du Nort 1694 voisine de Penmen. Ce nom désigne très probablement une paroi où on a aménagé des marches d'escalier pour descendre au niveau de la mer. Cf. le DTM p. 66. On lit ; "Er-Squeul ou l'Echelle; village et pointe sur l'Océan commune de Locmaria à Belle-Isle, évidemment.

Anse du Fonsse 1761-62. Voisine de Penmen. C'est le mot correspondant au français "fond"

Four du Roy 1761-62; Voisin ou même à l'intérieur du bourg de Loctudy (St-Tudy). Cette mention est intéressante: elle montre que le four banal qui pouvait dépendre, au moyen âge, du seigneur d'Hennebont était passé aux mains du roi de France.

Gourgouricar (Le gros ) 1761-62. Voisin de la Pointe ou du Château de Kervédan.

Gripp (NI) 0,4-N-E: Le Grippe (IGN): Grippé (DTM): "(Fort du Grippé) sur l'Océan côte de Croix. Le mot malgré l'article masculin indiqué par l'IGN doit être féminin et désigner une crête (krib) Cf. Le Grippe. vill. et marais commune de Caden et le Grippez, vill. communene de St-Dolay (DTM) la NI a également Mez-er-Gripp au même endroit: Mez désigne le dehors ou un openfield (champ ouvert). A Groix où les parcelles cultivées étaient particulièrement morcelées le mot mez peut désigner un très grand champ partagé en sillons.

KerBranken, village appartenant à l'abbaye St Croix d'après le manuscrit de 1114-1131 perdu mais publié par M- DB . Une note 5, due à M. Le Pontois dit qu'au sud du village de Créhal son emplacement est marqué par un lieu dit Cavraguin. Effectivement le DTM "Cavragui, Kerbranken lieu-dit XIIè siècle (abb. Ste Croix de Quimperlé). En 1388 on écrivait Kerbranguen. On avait bien affaire à un village et Cavrangui est Carvrangui.

Kerbus village dont le nom signifie "le village du puits". C'est le Kerpunce de la NI. On a retenu la forme orale dans laquelle la mutation féminine douce p devient b

Kerdurand (NI et DTM) 1,5 N-O la position paraît autoriser l'identification avec le Kerdiron de la CC Durand paraît bien être une francisation de Diron.

Kergatouharne (DTM) moulin à vent, commune de Croix, seigneurie, manoir. Ce dernier trait joint au fait qu'il y avait un moulin prouve que ce village est devenu un bien seigneurial avec moulin banal. La NI donne une graphie fautive et inadmissible: "Ker Kartouarn 0,7 S-E / cf Kergatorn vill. commune de Merlevenez, qui était une seigneurie également et Cadouarn. village et moulin à vent commune de Séné. Le terme de "cathouarn" dont le sens m'échappe est à l'évidence lié aux moulins banaux.

Landost (NI) est seule encore à signaler ce lieudit. Le sens est la lande proche. Effectivement elle n'est qu'à 200 m du bourg à l'ouest.

Nostreven (ne). Cité deux fois en 1174 près de la côte est. Peut-on aller jusqu'à corriger en "n auter ven" = l'autel guen peut avoir des sens variés :blanc, heureux mais "ven" peut aussi être la mutation de men = pierre. Ce second composant est le plus vraisemblable.

Anse du Palud 1761 près du Staurane et de Loqueltas (= Anse du marais)

Pointe du Porsic 1694 "porzic" = petit port. On note que le "s" dur n'est pas noté par la gutturale sourde "X". On attendait Porhic.

Pradino (NI) 2,6 N-O C'est sans doute un lieudit. Le sens est probablement les prés;

La Press 1761. A cette date il y avait déjà, tout près ou même à Port-Tudy un établissement où on mettait en baril la sardine pressée. La carte de 1761/62, respectant le genre masculin du mot "press" en breton écrit "Le Presse". Cette activité à dû prospérer puisqu'en 1774 le nom est au pluriel: "Presses" La localisation est toujours la même Port-Tudy, point de manutention des sardines.

Pointe du Grand et du Petit Quenevy 1761-62, situées entre le "Grogneau" et la Pointe de Penmen. ("No comment !").

Pointe du Quentrec 1694. On ne retrouve plus dans les cartes plus tardivement publiées cette intéressant mention d'une pointe aux environs de Penmen. "Kentr" désigne l'éperon et "ec" est une terminaison à valeur de collectif. Le mot aurait donc désigné des caps.

Les Saisies (DTM) (Batterie des) sur l'Océan côte de Croix (B-LB p 483 - 10 964 & 10 965) Er Zézi. Le Neptune Français notait en 1695: "Pointe Saisy". Au nord, la pointe est barrce par un retranchement qui contient, je l'ai constaté jadis, des tortillons de station de sel vénète et des tessons qui paraissent gallo-romains. Le terme désigne des retranchements et s'apparente au français "saisir".(cf les Saisies en Ploemeur)

Sémaphore (NI) 3-S-E. Se trouve entre le phare des Chats et le Fort de Surville sur la carte IGN; avec la Batterie de Nosterven, nom que ce document est seul à citer.

Pointe Spernec 1694; Spernet (Pointe de ) en 1790 cf Epernal. Sens "L'Epinaie"

Stampedel (DTM) "vallon " je n'ai pu le localiser. la forme "stam" pour "stang" est insolite, car elle suppose la disparition du "g" final. "N" devant le "p" (explosive ténue issue de "b") devient "m" Stampédel = le vallon de la terrine

pointe de Stanverec ( B-LB p 471 - 10801; Neptune Français 1695: Pointe de Stanvret. On dit "chtanvrck" cf ibid n° 10 798 - 10 799 -10 800. Le sens certain est: "le vallon du cimetière". (La femme mariée, comme indiqué n'a rien à voir dans ce site). Le DTM dit: "pointe, et fort de l'île de Groix sur l'Océan" mais ajoute malencontreusement "Haelrech. XIIè siècle (abb Ste Croix de Quimperlé) Une dérivation de Helrech en verec est hors de question.

Ziance-Locmaria (NI 2,3 S-E Seul document à citer ce lieu dit. à corriger en Zance, il y deux autres occurrences dans le Morbihan: Zancec cne de Caudan et Le Zance, cne d'Inzinzac. (Cette commune est dite en breton / dinzinzec/ . C'était un fandus gallo-romain). Le mot zance avec une nasale un peu différente et la terminaison -ec marquant l'abondance se retrouve dans "Zinsec", i un village de la commune de Berné. Je crois qu'on peut penser à des "terre censives", payant un cens.

 

ABREVIATIONS

ALBB= Atlas linguistique de Basse-Bretagne. 
B-LB= Bernier-Le Berre. Toponymie de Groix. 
CC = Carte de Cassini. 
DBF= Dictionnaire breton de Fevreau. 
DEF= Dauzat-Rostaing. Dict. Etym.; des noms de lieux en France. 
DEM= Duhem Eglises de Fr. Morb. 
DO= Dict. Hist. et Géogr. de Bret. Ogée. 
IGN = Carte de l'Institut Géographique.
CQ = Cartulaire de Quimperlé.
DE= Dauzat-Rostaing. Dict. Etymologique des noms de lieux ?.
DB= Favreau ; Dict. du breton contemporain.
GR = Dict. de Grégoire de Rostrenen.
HSC = Histoire de Sainte Croix de Quimperlé par Dom Le Duc
NI = Nomenclature de 1'INSEE
DTM= Rosenzweig. Dict. Topographique du Morbihan.
VSB= Vie des saints de la Bretagne Armorique d'Albert Le Grand.

 

BIBLIOGRAPHIE

Albert Le Grand. Vie des saints de la Bretagne Armorique. Vème édit. 1901.
            
Atlas linguistique de Basse-Bretagne 5 fascicules édités par P. Le Roux. Rennes depuis 1924.
            
Bernier G. - Le Berre A. Toponymie nautique de l'île de Groix et des abords de Lorient. Annales d'Hydrographie. 
N 737.1972. de la p.453 à 523.
            
Cassini. Carte de l'île de Groix. éditée au XVmè siècle.
            
Carte de l'lnstitut Géographique National au 1/50 000. Révisé en 1952.
            
Cartulaire de l'Abbaye Sainte-Croix de Quimperlé. Edité, par L. Maître et P. de Berthou (sans date 408 p.)
            
Dauzat A. - Rostaing Ch. Dict. Etymologique des noms de lieux en France.1963. Paris.738 p.
            
Duhem G. Les églises de France. Morbihan. 1932. Paris.227 p.
            
Ernault E. Dict. breton du dialecte de Vannes.1938. Vannes.239 p. Ernault E. Glossaire moyen-breton.1895. 
Paris.833 p.
            
Favreau F. Dict. du breton contemporain.1992. Morlaix.
            
Grégoire de Rostrenen. Dict. Français-celtique. 1732. Rennes. 2 vol.
            
Le Duc Placide (Dom) Histoire de l'abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé. Sans date. 666 p.
            
Nomenclature des hameaux, écarts, lieux-dits du Morbihan; Edité par l'INSEE. (sans date) Rennes.
            
Ogée; Dictionnaire Historique et Géographique de Bretagne. Nouvelle édition. 1843. Rennes.2 vol.
            
Rosenzweig M. Dict. Topographique du Morbihan. 1870. Paris. 317p.

 

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20 octobre 2001

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