Histoire de l'île de Groix ...

et de la famille (Le) Gou(z)ronc...

  

 

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Territoire agricole, cultures et remembrement

 

Le "seillon" groisillon

L'agriculture vivrière était pratiquée par les femmes sur des "sillons" ou "seillons". il s'agit de l'un des éléments les plus visibles du paysage de l'île d'autrefois, dont on ne voit plus que quelques vestiges à l'état fossile aujourd'hui (beaucoup sont dissimulés sous les broussailles). Il ne s'agit pas là du sens habituel du terme, mais à la fois d'une unité et d'un mode de culture, dont Fidèle Tonnerre a apporté témoignage. 

Le "sillon" ("en erù") semble remonter au moins au bas moyen-âge. Ce terme est fréquemment utilisé comme unité de culture, dans les archives, mais en réalité sa superticie n'est pas fixe (il fait de 3 à 4 mètres de large, pour une longueur variable, théoriquement une moyenne de 3 ares de superficie). Il correspond à une bande de terre à dos bombé encadrée par des fossés à fond rond appelés "nantes". (Le dos du sillon est appelé "hein en erù"). Un ensemble de sillons est dénommé "tachen", un sillon perpendiculaire à un autre "courson", un petit sillon isolé un "tallard", et un coin entre deux groupes de sillon orientés différemment le "predgen".

II s'agit, selon toute apparence, d'une pratique agricole particulièrement ingénieuse et adaptée au milieu et qui avait l'avantage d'augmenter la surface arable (une surface courbe a plus de superficie qu'une surface plane), ce qui n'était sans doute pas négligeable à une époque de très grande parcellisation de la propriété, certains ne possédant même qu'un sillon ou un demi-sillon !

Visiblement, l'intérêt est grand pour pallier aux aléas météorologiques : -en cas de fortes pluies, l'eau est drainée par les fossés, et les récoltes sur le dos des sillons ne risquent pas de pourrir, - en cas de sécheresse, les "nantes" préservent un peu d'humidité et donc une partie de la récolte (on semait à la fois sur le dos et sur le "nante").

Peut-être, si l'on observe l'orientation de certains sillons, ceux-ci aidaient-ils à limiter l'érosion sur certaines pentes, produisant l'équivalent d'une culture en terrasses...

Quelques inconvénients se faisaient cependant sentir, qui n'ont pas résisté au remembrement et aux nouvelles machines agricoles : -les dénivelés de la surface faisaient facilement cabanner les charrettes, - même en employant la charrue, il fallait "golebenner", terminer à la fourche, à la bêche, ou à la houe (appelée "tranche") l'extrémité du sillon, là où tourne la charrue. - même s'il est possible qu'aux origines la même culture soit pratiquée sur un ensemble de sillons proches les uns des autres, pour les périodes récentes, ce n'était plus du tout le cas. D'où des conflits, si la vache mise à paître sur un sillon arrachait son piquet et venait brouter la récolte du sillon voisin, etc...

Cependant, à l'époque où il était pratiqué, ce système de mise en culture était bien adapté à la simplicité du matériel utilisé et avait même induit des techniques agricoles particulières : - pour l'orge, la terre était "envoyée au nante" ("kas de nant"), et pour la pomme de terre, elle était "envoyée au dos" ("kas der hein") à la charrue, ou à la bêche. Il fallait bien répartir la terre en alternant les cultures, sinon à force de lever la terre "au dos", les nantes étaient creusés et rendus très larges, on y perdait de la terre... Il fallait également "envoyer la terre" avec précaution pour ne pas risquer des conflits avec le voisin.

Le ramassage des pommes de terre était fait par des femmes qui, tout en avançant à genoux en répartissant les différents types de pommes de terre dans différents paniers, et tenaient leur vache au bout d'une corde qui restait attachée à leur taille : au fur et à mesure qu'elles avançaient, la vache suivait à côté et consommait les pommes de terre les plus petites rejetées dans le "nante".

Ce type de mise en culture n'existait sur l'île de Groix, mais également dans le Finistère, particulièrement à Ouessant, où l'on peut encore déceler quelques sillons fossiles, à Belle-Ile, ainsi que sur l'île de Skye en Ecosse, tandis que certaines parties du Morbihan et la Champagne semblent également l'avoir connu, même s'il a été abandonné probablement plus tôt qu'à Groix.

 

On peut apercevoir quelques exemples facilement observables, près de Quelhuit, du petit menhir de Kerlard, de Quehello, de la Pointe des Chats, etc... qui témoignent à la fois de l'histoire du paysage et de celle de toute une civilisation de l'île.

 

Une année dans les champs de Groix (cycle annuel des cultures)

22 octobre (1893). Le Ministre de l'agriculture a donné l'ordre de tenir les pigeons renfermés jusqu'au 1er novembre, à cause des semailles. On sème le blé.

20 novembre (1895). Le froment pousse rapidement. Ce n'est pas l'eau qui lui manque. On prépare la terre pour l'orge qui sera semée à la fin de janvier.

Jusqu'à présent, nos terres labourables sont partagées en trois catégories, ou 3 " stu ". La même semence ne revient dans un sillon que tous les trois ans. Une première année, quand on a fumé la terre, on sème l'orge. Puis vient l'année du " anvar " pendant laquelle on sème les pommes de terre, les pois ou la charronce. A part les prairies, qui couvrent un espace plus considérable, un hectare de terrain cultivé est partagé en plus de vingt morceaux appartenant à différents propriétaires. Les parcelles en forme de larges sillons sont réunis en " mez " admirablement distribués. Aucun mur ne les sépare. Très peu sont en communication avec les grands chemins. On n'arrive à celles du milieu qu'en passant pardessus les autres. Voilà pourquoi il est si important que le " mez " tout entier soit travaillé au même moment et consacré à la même récolte. Car celui qui voudrait, par exemple, semer l'orge dans un " mez " réservé au froment risquerait d'abîmer la récolte des voisins.

Décembre (1895). On commence à travailler la terre pour les patates. Les pommes de terre de Groix sont renommées à plus de 20 lieues à la ronde : leur réputation n'est pas volée.

Vous connaissez la recette indiquée par les fins gourmets : " Pour faire un bon ragoût, prenez du mouton de Plouharnel, des oignons d'Erdeven, des carottes de Plouhinec, des navets de Belle-Ile et des pommes de terre de Groix ". Celui qui a goûté de ce ragoût se lèche les doigts jusqu'aux coudes, pendant 8 jours.

16 février (1894). Après un mois de pluies torrentielles qui nous ont arrangé les chemins, fallait voir ! un doux soleil printanier vient nous réjouir le coeur, les blés poussent, tout le sol est vert; et les alouettes chantent dans la campagne.

14 février (1895). Quel rude hiver nous avons ! Quel froid ! C'est à se croire au cap Horn. Jeudi 7 février, le thermomètre a dû descendre à près de 10 degrés (sous zéro). Tout était glacé, même dans les maisons, l'eau dans les buies. le café dans les grecques, le cidre dans les bouteilles d'où il s'échappait sous forme de gros bâtons de sucre.

Les grives, qui .viennent en bande, passer l'hiver à Groix, se laissaient prendre à la main. D'énormes congres venaient expirer sur la côte.

Une partie du vieux port a été prise dans la glace. Le vent du nord-est soufflait dur. Beaucoup de bateaux ont relâché, le travail paraissant impossible.

18 mars (1895). On peut enfin s'occuper des travaux des champs, semer les pommes de terre, les pois, la charronce.

26 avril (1896). Après un hiver exceptionnellement doux, nous avons un printemps très chaud. Malgré la sécheresse, la végétation est vigoureuse et très avancée. Il y a plus d'un mois que les hirondelles sont au pays et qu'on entend le coucou.

24 mai (1896). Belle récolte de foin, qu'on ramasse depuis huit jours déjà.

28 juillet (1895). La récolte de l'orge est à peu près terminée. Elle est satisfaisante.

2 août (1896). Ici la récolte va bon train. L'orge et le froment sont depuis longtemps dans les greniers, et en assez grande abondance, malgré la sécheresse. On attaque déjà les pommes de terre: c'est bien tôt.

25 août (1895). Les étrangers qui visitent notre île à cette période de l'année restent pâmés d'admiration en voyant notre manière de battre les récoltes. Il n'y a pas de quoi, mais c'est du neuf pour eux.

Au continent, c'est au fléau qu'on bat le blé, ou bien à la machine. Battre au fléau chez nous serait trop pénible, car le travail est fait par les femmes. Quant aux machines, il ne faut pas encore y songer, pour le moment au moins. Lorsqu'une bonne couche de blé a été disposée sur l'aire à battre, une femme arrive conduisant un cheval par la bride. Elle se place au milieu, tenant la bride d'une main, le fouet d'une autre, " Heï ! , ma bête ", crie-t-elle, et sa bête va de l'avant, tournant comme dans un cirque, au petit trot. De ces quatre pattes qui font office de fléaux le cheval broie la paille et froisse les épis. Pour l'exciter quand il languit, la ménagère a son fouet qu'elle brandit constamment, puis des chants de circonstance, car le cheval est sensible à la musique. Je ne sais combien de kilomètres parcourt ainsi le cheval dans sa journée: toujours est-il que le soir il a besoin d'un bon repos.

Quelquefois on a deux ou trois chevaux courant de front. Le travail alors est fait lestement.

A Houat, où l'aire à battre a plus d'étendue que par ici, les chevaux tournent ainsi, non plus accouplés, mais à la file, le second attaché à la queue du premier et ainsi de suite: il y a jusqu'à sept chevaux au travail. La Dormeuse tient la bride du premier sans se préoccuper des autres qui suivent admirablement le chef de file. C'est un spectacle bien curieux.   

 

Le remembrement et ses conséquences

Groix se trouve aujourd'hui reconvertie à une activité touristique dynamique, qui imprime sa marque de façon évidente dans les paysages de l'île. Son développement progressif peut être retracé à partir des photos aériennes réalisées par l'I.G.N. depuis 1948, pour une observation des paysages plus anciens. Le remembrement réalisé dans les années 50 y apparaît comme un événement majeur, car il a transformé le visage de Groix de façon radicale et ouvert la porte à de nouvelles formes d'activités.

Une adaptation d'abord empirique à l'émergence du tourisme conduit finalement les Groisillons à prendre en main son intégration dans l'île. Ils lui destinent désormais leur territoire, en ayant le souci de le contrôler tout en mettant leur patrimoine à l'abri d'une invasion anarchique et destructrice.

Le paysage d'aujourd'hui

De Port Tudy, l'endroit le plus animé de l'île, on gagne le Bourg où se concentrent tous les services et les commerces. La place de l'église constitue le "nombril" de l'île, le lieu où tout converge, celui où l'on finit toujours par passer. De là, des petites routes vous emmènent à travers le plateau groisillon vers les plages, vers les falaises de la côte sauvage, vers les vallons envahis de végétation... Groix offre sur ses 1 475 ha une très grande diversité de paysages. Les petits hameaux ramassés sur eux-mêmes, une trentaine environ, sont disséminés sur tout le territoire. On en aperçoit souvent les toits émergeant de la végétation et des arbres bien avant d'atteindre les ruelles étroites que longent de petites maisons basses. Les constructions plus récentes sont venues rompre l'organisation traditionnelle en instaurant une urbanisation plus décousue autour des agglomérations anciennes. Les maisons d'aspect banal, comparables à celles que l'on observe partout ailleurs sur le littoral breton, se sont implantées sans ordre au milieu de parcelles relativement grandes.

Le long des routes, le paysage est souriant, la végétation touffue et luxuriante entre les parcelles ouvertes des champs. Depuis quelques années, le contraste s'est accentué entre les parcelles cultivées qui donnent naissance à des espaces nets et ouverts, et les friches de plus en plus étendues, mais surtout de plus en plus hautes et impénétrables. Si elles sont le signe d'une absence d'entretien et d'un abandon de la terre, elles évoquent en même temps une certaine liberté, celle de la nature qui reprend ses droits.

Devant ce paysage serein, où la nature semble presque partout en liberté, on a du mal à reconstituer le tableau si souvent évoqué de la population laborieuse des femmes de Groix, penchées pour travailler à la main les fameux "sillons" dont on vient de parler et qui couvraient l'île d'une côte à l'autre, jusqu'à l'extrême limite où la rocaille, le vent et la mer s'opposent à toute productivité de la terre.

Le paysage d'hier

Hormis le cadre naturel, immuable, il ne reste que des vestiges du paysage de l'île d'autrefois. Un lavoir ou une fontaine nichés dans la végétation ou au détour d'un chemin, les petites maisons, mais souvent rénovées et repeintes, accolées les unes contre les autres dans les villages, constituent à peu près les seuls souvenirs de l'époque où l'île vivait de la mer.

Les photos aériennes nous permettent de reconstituer de façon assez précise le paysage d'autrefois. En 1948, tout comme en 1952, Groix apparaît comme une mosaïque de champs laniérés et minuscules, ponctuée des petits villages serrés en tête des vallons. Témoignage de la circulation des hommes (et à Groix surtout des femmes), les voies de communications les plus importantes tissent une toile d'araignée autour du bourg, reliant les villages les uns aux autres. Puis des villages partent à leur tour des chemins ou des sentiers qui serpentent en épousant les bordures des sillons, ou conduisent par la lande à la côte ou aux vallons (clichés ci-contre).

Sur le cliché de 1948, la mise en valeur est dense à proximité immédiate des villages, tandis que de nombreux sillons ne sont plus exploités tant sur les bordures que dans l'intérieur de l'île. Cette répartition des cultures est sans doute à mettre en relation avec la guerre encore récente qui a pu inciter les villageois au repli sur les sillons les plus proches des habitations.

En 1952, la trame est la même, mais la mise en valeur plus disparate a gagné en surface dans l'intérieur. Sous les friches, le modelé des sillons apparaît encore de façon très nette. Partout la végétation paraît plutôt basse: on ne distingue que quelques arbres dissimulés au creux des vallons.

Et on dénombre encore dans le port une cinquantaine de bateaux similaires, alignés bord à bord. Les photos montrent surtout l'abandon de la terre et le morcellement extrême du parcellaire, laissant présager d'une situation foncière singulière. Elles ne font pas apparaître que le problème foncier est en réalité inextricable.

La situation foncière à Groix jusque dans les années 50

Au moment de l'établissement du premier cadastre en 1837, on compte à Groix 45 882 parcelles, et déjà les matrices cadastrales font état de parcelles dont les propriétaires sont inconnus. L'unité de propriété est le sillon, simplement matérialisé dans le paysage par des lanières étroites et bombées regroupées en îlots de même orientation. Au cours du XIXè siècle, les ventes et les partages successoraux pulvérisent les sillons en parcelles minuscules, ce morcellement intensif allant de pair avec l'éparpillement des biens aux quatre coins de l'île. Pour compenser cette dispersion, peu satisfaisante sur un plan pratique, ventes et échanges ont lieu entre les Groisillons. Les transactions se pratiquent le plus souvent à l'amiable : un morceau de papier qui sera enfoui au fond d'un tiroir, parfois un simple accord verbal sont les procédures les plus fréquentes. Mais elles ont force de loi à Groix, et peuvent être suivies à leur tour d'autres mutations, tout aussi irrégulières.

En parlant d'Ouessant, on peut affirmer "... À l'émiettement est venu répondre... l'indivision de fait. C'est ainsi que chaque parcelle ou micro-parcelle se trouve porteuse d'une succession de droits imbriqués sur plusieurs générations. On ne se sépare pas de son bien à Ouessant, même si la part de chacun n'en permet nullement l'exploitation " (1). La situation est comparable à Groix : à la multiplication du nombre de parcelles (et à leur taille de plus en plus réduite au f×l des partages successifs) a fait suite la multiplication du nombre des propriétaires sur ces mêmes parcelles. On cite ainsi l'exemple d'une parcelle de 30 ares appartenant à 133 propriétaires indivis (2)

Aux 18ème et l9ème siècle, lorsque la mer mobilise les hommes, c'est aux femmes que revient l'exploitation de la terre, nécessaire pour assurer la subsistance des familles. Lorsque s'amorce le déclin de la pêche, l'agriculture progressivement reléguée à un rôle mineur est devenue moribonde. En 1938, un ingénieur du Génie Rural écrit: "les successions massives d'après-guerre ont porté la confusion au maximum... Depuis 20 ans bientôt, la terre est pratiquement abandonnée, en friches presque partout. n n'est plus un propriétaire aujourd'hui qui soit capable de reconnaître ses biens". Et toute exploitation est rendue impraticable par cet indescriptible imbroglio foncier.

Or Groix ne peut plus vivre de la mer, et faute de ressources les Groisillons quittent leur île. L'idée du remembrement naît en 1938, avec le souci de retrouver sur Groix une ressource qui permettrait d'y faire vivre ses habitants. L'île compte alors 60 000 parcelles, dont la plupart sont en copropriété.

Les opérations de remembrement

Face à cette situation le remembrement constitue "la condition préalable et indispensable d'une remise en valeur des terres, et la population lui est largement favorable. D'abord, personne ne conteste plus que seul le remembrement peut remettre de l'ordre dans l'état de la propriété foncière. Ensuite la conviction augmente chaque jour que la pêche ne peut plus suffire à nourrir la famille groisillonne. Il faut revenir à la terre: mais sans doute il n'est pas question de reprendre les techniques culturales d'avant-guerre..." (2).

A la demande des propriétaires et cultivateurs de Groix, un arrêté préfectoral du 17 mars 1938 autorise l'Association Syndicale constituée, regroupant l'ensemble des propriétaires, en vue d'effectuer le remembrement de Groix. Cette association, avant même son autorisation, avait entrepris les premières recherches visant à identif×er les propriétaires, et l'établissement des documents cadastraux devant servir à l'identification des propriétés.

Si le morcellement rendait indispensable le regroupement des terres, il s'est avéré rapidement hors de question de supprimer l'état de copropriété général dans l'île, du fait de sa fréquence et de la multiplicité des propriétaires concernés. Au contraire, les titres de propriété ont été simplifiés dans leur forme, puisqu'ils ont été alors établis au nom d'une ou deux personnes (couples), "et consorts". Aux héritiers et copropriétaires de fait de s'arranger ensuite pour rétablir les droits de chacun sur les terres remembrées.

L'entreprise est interrompue lors de l'occupation, mais dès le 30 avril 1946, le Conseil Général du Morbihan demande la reprise immédiate des opérations, à la suite du Maire de Groix, de la Municipalité et de nombreux propriétaires.

En mars 1949 est instituée la Commission Communale de Réorganisation Foncière et de Remembrement : elle comprend des représentants de la commune, de l'Administration et des propriétaires. Celle-ci décide de procéder au remembrement des propriétés sur toute l'étendue du territoire de l'île, à l'exclusion des propriétés bâties des bourgs et des villages. Cela représente 1 325 ha, soit 52 000 parcelles représentant 39 000 îlots de propriété d'une moyenne de 3,80 ares : 1 080 propriétaires sont concernés.

La nouvelle répartition des terres est entreprise, non sans une nouvelle mise à jour des titres de propriété. Les terres ont été classées en 3 catégories, en fonction d'une estimation de leur valeur productive, qui constitue la seule base pour le calcul des équivalences de surfaces entre apports et attributions. Les plans adoptés pour la restructuration du parcellaire ont visé à conserver l'organisation en auréoles qui existait autour de chaque village : petites parcelles de jardin à usage familial, unités de culture de taille supérieure ensuite, pâtures, enfin maintien de parcelles plus vastes sur les espaces plus difficilement exploitables.

La population était informée à chaque étape du projet et de sa réalisation par des plans, des procès verbaux et des documents divers affichés en consultation publique. De nombreuses rectifications ont pu être réalisées, concernant essentiellement les surfaces attribuées et l'identification de leurs propriétaires.

Les travaux annexes d'aménagement - inclus dans toute opération de remembrement - ont été relativement réduits puisqu'il n'existait pas de réseaux de talus ou de murets qu'il aurait fallu araser. Par contre, le débroussaillage s'est révélé indispensable, "dans une lande épaisse et haute d'environ 2 m de ronces, épines, ajoncs, genêts" (2), de même que le défrichement du sol arable sur 15 cm de profondeur : 1 000 ha soit 70 % de l'île étaient en effet couverts de lande ou de friche. Les sillons ont commencé à disparaître...

L'essentiel a été cependant la mise en place d'une voirie adaptée au nouveau parcellaire : 10 km de chemins ruraux ont été tracés de village à village, tandis que 57 km de chemins d'exploitation tout aussi rectilignes ont permis l'accès à la totalité des parcelles nouvelles. Après une dernière enquête publique, les Groisillons ont été invités à prendre possession de leurs nouvelles terres à partir du 15 janvier 1954. L'arrêté préfectoral du 11 janvier 1955 clôt définitivement l'opération.

Nous avons surtout voulu évoquer dans ces lignes les idées directrices qui ont guidé le remembrement à Groix, tel qu'elles apparaissent dans les rapports administratifs de l'époque. Sur certains points les témoignages directs nuancent ces informations relatant le déroulement des travaux: ce qui a été écrit laisse imaginer une réalisation réfléchie et paisiblement concertée du projet d'aménagement, mais passe froidement sous silence les bouleversements humains qu'elle a occasionnés au sein de la population. Car à travers la réorganisation foncière et spatiale de l'île, c'est une réorganisation sociale et familiale qui s'est trouvée induite.

Souvenirs du remembrement

Tout d'abord, les souvenirs évoquent les propriétaires moins unanimement enthousiastes devant la perspective du remembrement que ne le laissent supposer les documents officiels. À l'époque, la presse commentait: "La population sceptique mais bienveillante". Car chacun était conscient de sa nécessité. Aujourd'hui on perçoit à travers les récits comme un sentiment de désillusion. On attendait beaucoup (trop peut-être ?) du remembrement, il en a déçu plus d'un.

Le remembrement est venu d'un seul coup remettre en cause un grand pan des coutumes traditionnelles, bouleversant l'organisation de tout l'espace insulaire. Il a réalisé autoritairement une sorte de négation de tout le passé de l'île, qui avait modelé au fil des siècles le paysage et les usages. Même l'épisode alors tout proche des marins et des thoniers de Groix, étroitement associés à l'exploitation de la terre par les femmes, ont été gommés du paysage visible avec la disparition des sillons qui en témoignaient, alors que cela constituait encore l'aspect fondamental de l'identité groisillonne.

A ce malaise collectif, diffus, s'ajoute le sentiment plus révoltant de se trouver tout à coup dépossédé de ses biens familiaux, ancestraux, chargés d'une histoire profondément individuelle. La contrepartie est une parcelle anonyme, devant laquelle le Groisillon, mais surtout la Groisillonne, se sent souvent désemparée.

Pour celle qui cultivait avec les techniques et l'outillage adaptés aux sillons familiers - dont la disparition est aussi brutale que radicale -, pour celle qui faisait paître sa vache sur un petit bout de terre loué derrière la maison, ces parcelles nouvelles sont beaucoup trop grandes ! Et cette constatation nostalgique est unanime. Certains diront qu'au lieu de favoriser le retour à l'agriculture, le remembrement en a au contraire accéléré la chute en déroutant la population féminine, seule susceptible de réinvestir la terre.

Il apparaît également que la concertation du projet avec la population était illusoire. La majorité des femmes, finalement les plus concernées, n'étaient pas aptes à l'époque à décrypter les plans proposés et les projets qui leur étaient soumis pour approbation - ou contestation éventuelle. Et beaucoup se sont trouvées perplexes devant un fait accompli lorsque ont disparu les sentiers et les petits sillons, avec un sentiment d'impuissance face à une administration lointaine qui leur avait mal fait comprendre ce qui se préparait au fond des bureaux.

Un simple effort d'imagination suffit pour concevoir ce que le remembrement - opération administrative - a pu impliquer pour les habitants de l'île: du parcellaire ancien, il ne reste que les villages. Tout le reste a été regroupé et réattribué. Les anecdotes ne manquent pas, et aujourd'hui elles peuvent prêter à sourire, parce qu'elles ont 40 ans !

Par ailleurs, le problème du statut de la propriété et l'identification des propriétaires n'était pas résolu de façon rigoureuse. Les transactions officieuses, que personne n'avait jamais remis en cause, ont été tout à coup caduques. Les lignées familiales, cohéritières, se sont trouvées réunies à la tête des nouvelles parcelles résultant du regroupement de l'ensemble des parcelles ancestrales. Alors que l'esprit communautaire et la solidarité associés au morcellement, à la miniaturisation, à l'éparpillement caractérisaient la société groisillonne traditionnelle, la nouvelle distribution des terres et leur attribution à tel ou tel a fait naître querelles et tiraillements entre voisins, entre cousins...

Les revendications ont été nombreuses, mais sans doute les réactions auraient-elles été plus virulentes et multiples encore si la terre avaient été effectivement exploitée.

Faut-il discrètement faire allusion au constat général, un peu désabusé pour ceux que nous avons entendu, que certains ont tout perdu... tandis que d'autres, mieux placés, ont su tirer parti de l'opportunité à leur avantage ? Certains demandant l'annulation pure et simple des opérations réalisées.

Le géomètre de Ploemeur chargé des opérations techniques sur l'île, qui a dû poser plusieurs milliers de bornes (les fameuses "bornes du remembrement" que l'on peut voir encore aujourd'hui au milieu de certains champs), souvent déplacées, replacées, volatilisées, a du affronté sur leur terrain les Groisillons vindicatifs au risque de se retrouver plusieurs fois plongé dans l'eau du port !

 

Aujourd'hui les Groisillons évoquent ces années du remembrement avec amusement et humour, parfois avec résignation - parce qu'il commence à être ancien ! Mais d'autres en ont, paraît-il, gardé une profonde rancoeur, et des inimitiés nées alors persistent malgré le temps. Tout en évoquant avec nostalgie les sillons d'autrefois, tous reconnaissent ses effets positifs à long terme. Beaucoup estiment cependant qu'il a été maladroitement mené : manque de concertation véritable avec la population, inadaptation des réalisations au contexte particulier de l'île. Une autre critique essentielle vise l'aspect foncier du problème : en maintenant l'indivision sur les parcelles remembrées, le handicap de la multipropriété n'a pas été résolu de façon définitive.

 

Les résultats immédiats du remembrement

Une fois encore, le recours aux photos aériennes se révèle très parlant. En 1958, la mosaïque des champs a complètement disparu de l'île. Il reste bien autour des agglomérations des parcelles de taille relativement modeste, mais sur la plus grande partie de l'espace, seul le relief introduit la diversité. Quelques grands à plats de forme géométrique témoignent d'une ébauche de mise en valeur des nouvelles parcelles. La trame de la voirie quadrille cet espace en latence .

Les titres de propriété ont été mis à jour, le morcellement a été réduit de 95 %, puisqu'on a fait 1 900 parcelles des 52 000 initiales dans la zone remembrée.

 Exemples de propriétés remembrées :

Nombre de parcelles possédées par un propriétaire
AVANT REMEMBREMENT
APRÈS REMEMBREMENT

A - 552 parcelles

12 (dt une de 8 ha et une de 4 ha)

B - 103 parcelles sur 12 sections (1 ha 92)

4 parcelles sur 1 section (1 ha 88)

C - 96 parcelles sur 21 sections (2 ha 20)

3 parcelles sur 1 section (2 ha 06)

 P. V. de remembrement Ministère de l'agriculture: rapport sur les opérations de remembrement, 1954.

Mais les Groisillons ne se sont pas tournés vers leur terre. La relance agricole espérée, pourtant stimulée par des dispositions encourageant la création d'exploitations, n'a été due qu'à l'initiative d'agriculteurs venus du continent. La terre était comme vierge, les propriétaires tous disposés à louer des parcelles dont ils ne savaient que faire eux-mêmes... et les sillons ont fini de disparaître sous les labours des tracteurs. On assiste tout de même à l'extension des surfaces cultivées (jusqu'à 364 ha exploités en 1979 (3). L'élevage reste modeste. L'activité agricole dans son ensemble, si elle marque incontestablement le paysage, est restée tout à fait secondaire, ne faisant vivre qu'une petite minorité de la population locale (5 agriculteurs recensés en 1979, le maximum atteint).

Faute de servir les intérêts de propriétaires que l'agriculture ne motive nullement, le remembrement a été détourné de son objectif initial, qui le justifiait pourtant exclusivement. Les transactions ont été rendues possibles puisqu'elles avaient désormais un objet cohérent, et le marché foncier s'est trouvé enfin libéré du poids des contraintes anciennes qui bloquaient jusqu'alors le processus de la vente.

En plein essor dans les années 6O, c'est finalement le tourisme de villégiature qui a bénéficié de cet épisode de flottement socio-économique induisant une sorte de vacance de l'espace. Des Groisillons qui avaient quitté l'île et retrouvé leurs terres se sont débarrassés de leur bien, d'autres ont résolu par la vente l'écueil de l'indivision. Ces terrains rendus plus attractifs, mais devenus inutiles voire étrangers à leurs propriétaires, dans un site cumulant des richesses encore largement méconnues, ont constitué une opportunité que les acheteurs les plus avisés se sont empressés de saisir.

Et Groix a vu l'émergence imprévue d'un tourisme spontané, qui s'est développé dans l'île d'une façon très libérale au départ. Alors qu'au sein des villages, l'étroitesse des parcelles non remembrées imposait le regroupement des constructions, leurs dimensions plus grandes hors des agglomérations a davantage séduit les acheteurs, mais également induit le mitage de l'espace en l'absence de toute réglementation d'urbanisme. D'une mission aérienne à l'autre, l'extension des espaces voués à l'habitat est frappante, en particulier autour des deux bourgs et sur le littoral à l'est de Port-Tudy, où la multiplication du nombre de résidences a amorcé l'intégration des noyaux anciens dans un tissu urbain lâche et continu. Ailleurs, l'urbanisation s'est greffée sur la trame existante venant simplement distendre les limites des villages d'origine.

Pour les Groisillons, une page de l'histoire de l'île a été tournée avec le remembrement. Dans un premier temps, tout se passe comme s'ils laissaient échapper leur territoire aux mains d'étrangers à l'île plus motivés qu'eux : agriculteurs ou touristes.

Depuis une quinzaine d'années, ce nouveau choix économique est devenu à son tour dominant, presque exclusif. Et de façon directe ou indirecte, il constitue aujourd'hui le principal moteur pour la dynamique actuelle des paysages dans l'île. 

L'évolution actuelle et les perspectives

La population de Groix est vieillissante. L'absence d'emplois pousse la population jeune, déjà sous-représentée, à rejoindre le continent. L'économie groisillonne se caractérise principalement aujourd'hui par une forte représentation du secteur tertiaire et du bâtiment - que l'on voit s'activer dans les villages - fortement liés au tourisme. Par contre, l'industrie en est totalement absente. Groix est restée ces dernières années vouée à la monoculture céréalière (orge, blé). Mais les surfaces cultivées se réduisent, les parcelles délaissées retournant le plus souvent à l'état de friches. Déjà, toute la partie ouest de l'île reste aujourd'hui inexploitée. Le cheptel a disparu, on ne voit plus une vache au champ : un élevage avicole et quelques poules ici et là, quelques rares brebis, quelques chèvres en sont les seuls représentants.

Les perspectives d'évolution sont peu optimistes, les exploitants approchant l'âge de la retraite sans reprise assurée. En 1988 la S.A.U. ne représente plus que 17 % du territoire de l'île, probablement moins encore en 1993 (contre 25 % en 79). Pourtant le problème de la disponibilité des terres ne se pose pas. Des mesures de stimulation ont été mises en oeuvre depuis 1991 : elles restent jusqu'à présent sans effet face à une demande inexistante.

Toutefois, dans le but de préservation du patrimoine, Groix apparaît comme une île qui cumule les protections : règle (d'application générale) de non-urbanisation des 100 m en retrait de la ligne de rivage ; sites classés (sur 275 ha, soit plus de 1/8 de la surface de la commune); sites inscrits, qui intéressent toute l'île à l'exclusion du Bourg ; réserves naturelles de la Pointe des Chats et de Pen Men. Enfin le P.O.S. adopté en 1982 constitue le document essentiel pour la gestion de l'espace insulaire. Il est aussi le plus controversé par la population groisillonne du fait du caractère contraignant de son zonage.

Au rang des hypothèses économiques, on n'y mentionne ni la pêche, ni l'agriculture, à laquelle il consacre tout de même 35 % du territoire (4). La priorité est claire : c'est du tourisme que Groix vivra demain. Mais ce choix, qui sous-entend la volonté de proposer aux visiteurs un "produit touristique" de qualité pose de façon cruciale le problème de l'entretien des paysages. Car le paysage, minutieusement calqué sur l'usage qui est fait du sol, doit pouvoir s'offrir aux visiteurs dans son intégrité. Alors à Groix, de quoi sera donc fait le paysage de demain ? Le P.O.S. actuel limite les zones constructibles autour des noyaux urbains existants, et destine environ 25 % du territoire à l'urbanisation (4). Reste encore 75 % de l'espace à gérer, en zone agricole ou en zone naturelle. L'agriculture laisse les terres vacantes, le P.O.S. n'y permettant pas d'autre alternative d'utilisation. Or sur de nombreuses parcelles, l'indivision s'est perpétuée depuis le remembrement, le nombre de "consorts" se multipliant au fil des années.

L'interdiction légale de diviser les parcelles remembrées, la multiplicité des propriétaires (qui dilue le sentiment de propriété individuelle, dont le plus conscient est celui qui paie l'impôt foncier pour tous !), la disparition d'une "vocation" quelconque de l'espace, ont pour résultat l'extension rapide des friches. Les conditions climatiques semblent leur être particulièrement favorables, car leur développement est sensible d'une année sur l'autre.

Groix, l'île sans arbres des voyageurs du siècle dernier, n'a plus rien de dénudé : l'ajonc, les prunelliers, les fougères et les ronces ont gagné en hauteur pour constituer des fourrés souvent très denses, et les boisements sont partout visibles. Les perspectives offertes aux promeneurs en sont différentes, l'espace se ferme à la vue et à la promenade. Et Groix change de caractère.

Il semble au contraire que la possibilité de construire induise un comportement différent des propriétaires vis-à-vis du bien foncier: les mutations sont plus fréquentes (partages, ventes... ). Elles sont aussi facilitées par l'Administration qui autorise plus facilement la division des parcelles remembrées dans un but de construction. Cette tendance, observée empiriquement en comparant les deux dernières éditions du plan cadastral mériterait d'être confirmée par une enquête plus rigoureuse. L'indivision dans les terres inexploitées risque à nouveau de les rendre inexploitables, ou difficilement vendables. Par contre, la division parcellaire autour des agglomérations irait dans le sens de la densification du domaine bâti préconisée pour prévenir le mitage de l'espace autour des agglomérations.

Le remembrement a changé le visage de l'île de façon autoritaire, mais il est maintenant considéré - et pour cause - comme un épisode du passé. Les revendications vont désormais à l'encontre du P.O.S. qui détermine aujourd'hui la valeur des terres, particulièrement sur le critère de la constructibilité. Il est actuellement en cours de révision. Et chacun attend le verdict, pour savoir s'il pourra ou non tirer parti de son bien.

Mais pour les années à venir, le problème le plus délicat sera sans doute celui de l'entretien du paysage non-bâti, aujourd'hui livré à lui-même.

Les vieux Groisillons ont la nostalgie des sillons et de l'île jardin. Et pourquoi ne pas en reconstituer quelques témoins-souvenir ? Est-il raisonnable de miser sur les agriculteurs, les "jardiniers du paysage", pour sauver Groix de la friche ? Les conditions de l'agriculture insulaire sont-elles véritablement attirantes, quand les terres vacantes s'étendent aussi sur le continent ? Peut-on alors espérer un consensus des propriétaires ? Mais lequel parmi "les consorts" se sentira-t-il concerné pour tous les autres, sans un résultat directement lucratif ? La révision du P.O.S. est suspendue à Groix, pour que soit réalisé en préalable un plan paysager de la commune. Il a pour objectif une réflexion sur l'espace groisillon en dehors de toute considération urbanistique préalable (4). Notre souhait est qu'il sache trouver les solutions pour donner à Groix l'image d'une île vivante et accueillante, qui s'enorgueillit d'être belle.

(1): GESTIN F. 1982: Ouessant: structures du parcellaire et évolution de la société insulaire. Société d'ethnologie bretonne, Brest.
(2): Grâce à l'amabilité du personnel de la D.D.A. de Vannes, nous avons pu consulter les dossiers d'archives concernant le remembrement 
à Groix. De nombreuses informations y ont été puisées, en particulier dans les courriers et rapports rédigés par les Ingénieurs du Génie Rural en 1938-39 et 1949-60.
(3): Recensement Général de l'Agriculture, 1979 et 1988.
(4): BOURREE S., 1993: Potentialité d'évolution de la construction neuve sur l'île de Groix. Mémoire de D.E.S.S. Aménagement et 
Collectivités Locales, Université de Haute-Bretagne, Rennes, 127 p.
Egalement consulté:
BRIGAND L., LE DEMEZET M., 1986: Les changements écologiques, économiques et sociaux dans les îles du Ponant. L'exemple de Batz, 
Groix et Ouessant. Institut de géoarchitecture, Brest, 200 p.
            
d'après Sylvie SanQuirce, conservateur de l'Ecomusée de Groix 
et Cécile Morinière du CROEMI - Institut de géoarchitecture-Brest. 1993

 

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 dernière mise à jour

20 octobre 2001

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références bibliographiques : La Croix de Groix 1894, 1895, 1896